À l’audace de nos folles années.

La semaine dernière, lors d’un entretien, on m’a demandé de quel projet réalisé j’étais la plus fière. Je n’ai pas vraiment eu à réfléchir longtemps et même si ce chapitre de ma vie est refermé, j’ai eu envie de vous le raconter.

J’avais choisi de ne pas renouveler mon contrat dans l’agence d’architecture où j’avais fait mon alternance, une fois mon diplôme en poche, pour me laisser cette toute petite chance de ne pas m’enfermer tout de suite dans un métier qui, je le savais, ne me conviendrait guère plus d’un ou deux ans. Au moment où 98 % de ma promo rêvait de signer des CDI et CDD pour, comme on dit, assurer un avenir, je m’étais offert le luxe de compter sur mes économies pour voir si ce projet, qu’on avait évoqué après une soirée trop arrosée et dont on avait griffonné les contours sur le ticket du bar, qui indiquait le nombre de mojitos bus – le gin-to n’était pas encore légion -, pouvait tenir la route. Continue reading →

Dans la grande maison de pierre.

Sur la table du petit déjeuner il y avait toujours une boite en fer dans laquelle on laissait les paquets ouverts de biscottes. Il y en avait souvent deux entamés en même temps et c’était utile pour toujours avoir la certitude de tomber sur une biscotte pas cassée.

Il fallait alors espérer que le beurre ne soit pas trop dur, pour qu’il ne brise pas la biscotte en l’étalant dessus et la mince couche servait alors de lit pour les garnitures. Chocolat en poudre, miel, confitures, parfois tout ça à la fois.

Il n’y avait que là-bas que je mangeais des biscottes. À la maison, on n’achetait jamais cela – en Espagne, on mangeait du pain de mie qui s’appelait Semilla de oro, je crois qu’il n’y avait pas vraiment de biscottes en Espagne, et plus tard, en grandissant, les biscottes sont restées réservées à ces moments, là bas. Continue reading →

On a pris le bus, jusqu’au terminus.

On a pris le bus, jusqu’au terminus. C’était une belle matinée, il était très tôt encore (enfin, il était très tôt pour quelqu’un qui est encore dans le rythme du cocon des fêtes de Noël), le soleil commençait presque à laisser deviner les quelques rayons auxquels on aurait droit un peu plus tard ; on avait mis nos bottes chaudes, une, deux ou trois couches comme des pelures d’oignons, on avait bien hésité sur la petite doudoune ou la grosse polaire et puis on avait dit qu’au pire, on les enlèvera si on a trop chaud.

Dans le bus, c’était toujours tout droit, les rues défilaient, feu après feu, arrêt après arrêt. On s’éloignait un tout petit peu de la ville, mais pas tant que ça, le terminus n’était qu’à vingt petites minutes de là. Les quatre derniers dans le bus, on a sauté presque pieds joints sur le trottoir enneigé et puis on s’est demandé par quel côté il fallait partir. Continue reading →

et puis, les paillettes ?

Evidemment, nous voilà au crépuscule de l’année, alors je ressors de ma torpeur (ce qui est faux, je suis tout sauf en hibernation en ce moment) pour venir écrire des choses ici, puisque faire des bilans arrive en top 1 des choses que je préfère faire à la fin de l’année, à égalité avec faire des dessins pour fabriquer ses propres papiers cadeaux, manger de la courge rôtie (ce qui n’est pas spécifique à la fin de l’année, mais j’aime tellement ça que cela mérite de figurer dans tous les tops du monde), tirer la langue quand il neige et sentir crisser cette dernière sous les bottes lorsque les flocons sont tombés toute la nuit. Continue reading →