C’était tout à l’heure, j’étais un peu en avance pour mon rendez-vous hebdomadaire du mercredi. On ne mesure pas assez souvent à quel point c’est chouette, d’être en avance. Il y a toujours ces petites minutes de rien, pas de vide, non, juste de rien. Je ne sais pas si je fais exprès d’être toujours en avance à mes rendez-vous, juste pour avoir ces petites minutes à moi, mais je les savoure toujours très fort.
Parfois il y a un café pas trop loin, alors on va prendre quelque chose, juste comme ça, un truc à siroter en regardant le ciel, parce que c’est comme ça qu’on continue à rêver. Certaines fois, c’est juste le moment de passer dans ses écouteurs deux, trois, quatre fois une chanson qu’on veut écouter et pour une fois, vraiment, l’écouter, pas la laisser tourner en fond sonore quand on fait autre chose, twitter, facebook, un dessin, ou les trois à fois, ma spécialité.
Et parfois, il y a juste un parc pas loin, comme tout à l’heure. C’était inhabituel, normalement les réunions du mercredi, elles ont lieu ailleurs, alors c’était un autre petit truc bien à relever. Je venais de passer 5 minutes dans le métro, juste là où il y a des musiciens parfois, parce qu’il y avait un trio qui chantait que All You Need Is Love.
Dehors dans le parc, il y avait beaucoup de vent, quelques écureuils qui cherchaient encore un truc à manger, le soleil qui déclinait, j’avais mon ciré jaune d’amour et ces quelques pages à lire, un bouquin dont je ne sais pas encore s’il me plaît très fort ou bien s’il me dérange par son rythme, son parti pris littéraire et ses histoires un peu tristes et toujours bouleversantes.
Toujours est-il que j’ai eu l’impression de voler douze petites minutes au monde, douze petite minutes pendant lesquelles j’ai pris mon temps pour lire chaque mot, chaque phrase, sans me presser. Douze minutes pendant lesquelles j’ai relevé la tête souvent, juste pour regarder le ciel.
Juste parce que j’avais le temps.



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