Les vacances à la maison.

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Bon les gars. J’ai pas envie de vous faire pleurer (même si ça m’arrangerait, comme ça on verrait pas trop que moi j’ai beaucoup pleuré)(on aurait tous les yeux d’un panda allergique et on pourrait tous se faire des câlins collectifs)(même si cette image sonne un peu moins bien que ce que j’avais en tête)(je veux dire)(non en fait, je veux rien dire du tout).

Donc je veux pas vous faire pleurer, mais quand même, je viens de vivre une espèce de semaine un peu intense d’un point de vue émotionnel. Je crois que maintenant ça va être toujours un peu ça, les vacances de je-rentre-en-France : un mélange de je te saute dans les bras parce que ça fait trop longtemps qu’on s’est pas vus et que ça va durer trop peu de temps et qu’on va encore passer après ça un an sans se voir, de tartines de mimolette extra-vieille, de retrouvailles de ses Bensimon et marinières abandonnées parce qu’il y avait plus de place dans les valises, de bon alors, c’est quoi les nouvelles et de beaucoup, beaucoup, beaucoup de fou rires, d’amitié, d’amour et de trucs qui font pétiller les yeux et bondir le cœur.

C’est un truc un peu étrange, on revient là où on a vécu pendant si longtemps et d’un coup, pof, les habitudes reviennent comme si on les avait juste cachées quelque part, pas trop loin et qu’elles attendaient juste de ressortir. Je suis allée manger des scones chez Gontran Cherrier, je suis allée faire ma virée au showroom Bensimon, je suis allée courir mes 12 km quotidiens sur les plages d’Anglet, je suis allée courir mes 9 km quotidiens au parc Monceau (j’étais moins endurante quand j’étais à Paris visiblement)(et non je n’ai pas tout fait le même jour)(soyez un peu réalistes)(j’avais aussi de la mimolette à manger et des gels douche à la madeleine à acheter). C’est un peu comme si on était pas vraiment parti, sauf qu’on est bien plus capable d’apprécier tout un peu plus fort, maintenant qu’on n’y est plus et maintenant que ça deviendra une exception.
Alors on ouvre un peu plus les yeux et on imprègne de tout ce qu’on peut, même si ça veut dire qu’on prend la ligne 13 et qu’on fait du Vélib’ à coté des bus et que le soir on a l’impression d’avoir avalé les pots d’échappement de vingt huit camions, on s’en fiche, tout ça c’était comme avant et comme maintenant c’est juste un souvenir, c’est bon de le retrouver, une heure, une fois, avant la prochaine.

Alors on doit s’organiser (est-ce que je vous ai parlé de ma nouvelle résolution qui consiste à tenir un agenda?)(c’est une révolution pour moi), ce soir, on va boire un verre, demain, on va prendre un petit déj’, puis un café, puis on va déjeuner, on va prendre un café, un goûter, un verre, un dîner. Je pense qu’il y a eu dix huit fois trop de repas, mais c’était bon de partager des souvenirs et des fou rires autour d’un cheesecake (celui de la Cantine de Quentin, 50 rue Bichat dans le 10ème, faites moi le plaisir d’y aller sur le champ)(si en plus vous prenez la poêlée de champignons à la truffe blanche, vous pouvez mourir tranquille après) ou d’un plateau de houmous-guacamole-cuisse de poulet que je vous laisse, moi je prends un portion de plus de votre caviar d’aubergines à la place (à la Recyclerie, pareil, allez-y)(vous êtes pas obligés de faire comme moi et d’y aller le même jour par contre).

Je les ai aimées, ces petites vacances marathon.
J’ai retrouvé Paris avec plaisir, je l’ai trouvée belle, cette ville que j’avais finir par haïr. J’en profite d’ailleurs pour remercier les deux gars du Starbucks du terminal 2A de Roissy, il n’y a aucune chance qu’ils voient ce merci, mais si jamais quelqu’un entend parler d’un barista qui a échangé un billet de 10$ contre un billet de 10€ à une fille pleine de valises (à la main et sous les yeux) qui venait d’atterrir et qui avait l’air de pouvoir tuer pour manger un scone, juste parce que les billets canadiens sont carrément plus cool (ils sont en plastique et les nouveaux de 5 sentent le sirop d’érable)(oui pour de vrai et non ils ne sont pas fous vous savez), remerciez-le de ma part, il a rendu mon passage à l’aéroport vachement plus chouette.

Et puis après ces huit jours intenses et bourrés d’amour, de soleil et gin tonic, j’ai serré les gens très fort dans mes bras et j’ai passé la porte d’embarquement.
À dans un an, hein ?

Camille Villard

6 Commentaires

  1. J’avais hâte de lire ton billet sur tes vacances. Je connais trop bien ces moments d’euphorie avant et de tristesse au moment des au revoirs, et tu les racontes si bien … Welcome back dans ton chez toi d’adoption. Gros bisous

  2. 7 ans déjà que les retours ressemblent à ça même s’ils sont un peu plus souvent qu’une fois par an, jamais le temps de tout faire, jamais le temps de voir tout le monde, mais l’impression d’être à la maison et toutes les petites habitudes et les souvenirs qui reviennent…Bon retour !

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