Tutu_une

Le tutu.

À chaque fois que je rentre chez mes parents, je suis accueillie par ma maman avec des yaourts au soja, des pommes Chanteclerc (on en trouve pas au Québec)(j’ai failli me prendre une amende parce que j’ai fait rentrer une pomme illégalement sur le territoire le mois dernier), un taboulé fait maison (elle met du jus de pamplemousse pour faire gonfler la semoule et c’est merveilleux) et par une injonction à ranger tous ces cartons remplis d’affaires qui trainent depuis trop longtemps.

Moi j’aime bien ça, parce que ça me permet de faire un petit tour dans mes souvenirs – vous savez à quel point j’aime ça – mais je ne range jamais vraiment : je déballe, je regarde, je jette trois trucs, juste pour avoir un sac poubelle à agiter sous le nez de mes parents en leur disant que bien sûr que si, vous voyez, je trie, et je remets tout le reste dans d’autres cartons que je réétiquette soigneusement. Je sais pas s’ils sont dupes (je crois pas, mais comme ils m’aiment, ils font semblant), mais pour le moment je m’en sors.

Cette fois-ci, dans un carton perdu un peu en hauteur portant la mention bouquins sur la tranche, j’en ai ressorti un de mes vieux tutus, celui que je portais pour danser le Lac des Cygnes, en 2006.

Vous savez, pendant des années et des années, ma principale raison de me lever le matin était mon cours de danse du soir ou du lendemain, quand par malheur c’était un jour sans. J’ai commencé la danse classique un peu par hasard je crois, je me souviens plus trop de mes débuts, mais je me souviens que j’allais au judo dans la petite salle juste à côté, dans le petit chalet perché quelque part dans le parc du Lycée Français, à Madrid. J’ai dû regarder un jour et trouver ça drôlement chouette, du coup j’y suis allée, j’avais 6 ans, et à partir de là, ma vie a tourné à peu près uniquement autour de ça.

Quand on déménageait, je faisais sans doute vivre un enfer à mes parents pour trouver vite une nouvelle école de danse. À 6 ans, ma prof avait un vieux tourne-disque sur lequel j’ai entendu pour la première fois la Valse des Fleurs – qui est encore aujourd’hui un des morceaux qui m’emporte très loin. Elle avait un bâton, un peu comme aux siècles précédents (oui, je me suis pris des coups de bâton sur les fesses quand elles étaient pas assez rentrées, et sur les genoux quand ils étaient pas assez tendus, et sur les coudes qui tombaient, et sur le menton pas assez altier). C’était dur, mais j’adorais. J’avais M. et J., mes deux meilleures amies avec moi, et on passait les week ends à jouer à la prof de danse.
Quand j’avais 11 ans, mon prof, russe, nous laissait toujours des verres de jus d’orange à la fin des cours, il parlait pas très bien français mais il était adorable et depuis la petite terrasse derrière le vestiaire, on voyait l’îlet Gosier et les eaux turquoises (j’habitais en Guadeloupe à l’époque).

Et puis, je suis arrivée en France, où j’ai débarqué dans l’école de danse où les milles souvenirs les plus fort de mon adolescence se sont construits. On était une petite bande de quatre amies, à la vie à la mort, comme on dit et comme on voit dans les films normalement. On se retrouvait trois ou quatre fois par semaine pour prendre les cours, on arrivait toujours en avance pour faire nos devoirs ensemble, le samedi on y passait la journée, avec un pique-nique atroce le midi, je me demande encore comment on faisait pour retourner danser en ayant mangé un hot dog, mais enfin. On en profitait pour s’échanger nos magazines de danse, pour parler de Mathilde Froustey dont on était fans, d’Aurélie Dupont, parce que, bon, Aurélie et pour rêver du jour où on irait voir un ballet à Paris.

Quand j’ai dû arrêter la danse à cause de l’anorexie, j’allais toujours en cours, je m’asseyais devant les miroirs avec un petit carnet de notes pour écouter les conseils et les corrections de S., notre prof bien-aimée (ce mot est un peu désuet, mais je l’aime bien), et pour suivre le cours avec mes mains, comme quand on marque avant de se lancer dans l’exercice, pour mieux le mémoriser. Je suivais le cours à ma façon, parce que ça restait ma petite bouée de sauvetage. Et puis je suis partie à l’hôpital et quand j’en suis sortie, j’ai mis beaucoup de temps à retourner aux cours.

On m’avait bien prévenue, ça va être difficile, tu vas être confrontée à une nouvelle image de ton corps, tu vas avoir beaucoup perdu en technique et en sensations, on m’avait dit qu’il fallait faire comme si je repartais de zéro, surtout, pas comparer à l’avant, ça ne me ferait que du mal. J’avais commencé mes études, je rentrais les fins de semaine et une fois en milieu de semaine, parce que j’avais pas voulu chercher d’autre école que celle de S., avec M., E. et A. qui étaient encore là.

tutu_lac-des-cygnes_2

C’était l’année du gala (on en faisait qu’une année sur deux, l’autre étant plutôt réservée à un apprentissage plus technique et à quelques représentations)(oui, ma prof était vraiment extraordinaire, oui), et S. avait décidé de nous faire danser le Lac des Cygnes. Revisité, évidemment, oui, mais quand même, elle avait gardé quelques passages quasi-intacts, dont le Pas de Quatre du premier acte (si vous ne connaissez pas, allez voir la version de l’Opéra de Paris, la même année, avec Dorothée Gilbert, Myriam Ould-Braham, Fanny Fiat et Mathilde Froustey, parce que c’est si beau que je peux pas m’en empêcher), Pas de Quatre que j’ai dansé cette année là, avec ce tutu retrouvé dans un carton avec des vieux livres. Il a un peu pris la poussière et quand je l’ai secoué un peu, quelques plumes se sont envolées et évidemment que oui, j’ai eu les larmes aux yeux, mais les jolies larmes pleines de jolis moments.

Quand on était rentrés à la maison après la dernière représentation (on en enchaînait quatre ou cinq, je crois, sur deux ou trois week ends), mon père m’avait glissé à l’oreille regarde tout le chemin parcouru depuis l’année dernière et c’était si vrai, et c’était un peu comme si tout ce que j’avais gardé dans ma tête quand j’étais à l’hôpital, ces images de mes cours de danse et mes notes que je relisais et que je gardais comme garde-fou, un peu comme si ces heures passées sur scène donnaient raison à tout ça.

J’ai arrêté la danse depuis que je suis à Montréal, pour plusieurs raisons qui sont toutes des mauvaises excuses, mais je me sens plus capable de revivre le processus de réapprentissage, ni de m’apercevoir que je suis plus capable de faire trois tours de pirouette ni de tenir correctement mes arabesques. Ça me manque terriblement, bien sûr (j’ai gardé mes dernières paires de pointes et de demi-pointes que je sens quand j’ai le cafard)(oui, je renifle des vieux chaussons de danse, oui, parfaitement), mais je chéris tellement tous ces précieux moments que pour l’instant, m’y remettre ferait un peu trop mal. Un peu comme si je préférais garder comme dernière belle image ce tutu, même s’il est un peu vieux, un peu fatigué, et qu’il passera les prochaines années dans une boite. Cette fois-ci, je lui ai offert un nouveau carton pour lui tout seul, j’ai écrit Tutu Camille dessus, fragile, aussi, et je l’ai remonté tout en haut de la cave, là où personne pourrait lui faire trop de mal. En attendant la prochaine fois.

19 Comments

  1. Merci pour ces mots qui résonnent tellement en moi. J’ai aussi fait beaucoup de danse classique depuis l’âge de 7 ans et jusqu’à 16 ans environs. J’avais une prof polonaise qui roulait les R, et que j’adorais tout simplement. La valse des fleurs que je viens de regarder fait remonter tellement de souvenirs …J’ai rien gardé comme souvenirs matériels, ni tutus, ni pointes, ni chaussons.
    Un jour, comme toi, j’ai décidé de tout arrêter, parce que ça demandait beaucoup de temps, d’efforts et aussi parce que j’avais été recalée au conservatoire des années avant (à cause de hanches trop rentrées) et que ça m’avait marqué à jamais.
    Quand je dansais, j’oubliais tout et j’adorais ça.
    Merci pour tous ces souvenirs Camille et garde précieusement ce beau tutu blanc (qui sait la relève sera peut-être un jour assurée!!)
    Bisous

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  2. Quel joli texte. Et quelles épreuves ! Bravo pour ton combat, tu as l’air d’avoir beaucoup de personnalité, j’admire !
    J’ai cliqué sur ton article parce qu’il parlait de danse et c’est un tout nouvel univers pour moi. Je n’ai jamais aimé le sport. J’en faisais un peu ado mais à 28 ans, je n’en n’avais plus fait depuis peut être 10 ans. En juin dernier, sans raison je me suis mise en tête de chercher des cours de danse classique pour adulte debutant. Et me voilà. J’ai tellement aimé les premiers cours que je me suis vite inscrite à 2 séances par semaine. Si ce n’était pas un problème financier, j’irais tous les jours.
    Je sais bien qu’à mon âge, il ne peut y avoir aucune ambition pro là derrière mais je suis happée par ce sport, cet art. Et je travaille comme si c’était bien plus qu’un loisirs. En 2 mois, je sens déjà que j’ai progressé et comme j’ai la chance de ne pas être trop raide naturellement, j’ai déjà presque mon écart. J’ai tellement hâte 🙂
    Bref la danse classique est un sport incroyable et je te souhaite de t’y remettre un jour !
    Amelie Nothomb a écrit une histoire qui pourrait te parler : Robert des noms propres. Mais peut être l’as-tu déjà lu…
    A bientôt !

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  3. Putain, Camille, j’en chiale, parce que je sais tout ça, tes souvenirs, ta maladie, tes doutes, tes joies, tes peines, parce que je comprends, parce qu’Aurélie, et Mathilde aussi un peu (j’adore la suivre sur IG) et surtout parce que je ne sais pas comment serait ma vie sans la danse. J’espère, vraiment, ne jamais arrêter. Et j’espère, aussi, que tu reprendras, un jour, quand tu seras prête et que ça te fera autant de bien que je te le souhaite. J’en chiale, pour de vrai, et je t’embrasse avec le nez tout mouillé ♥︎

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  4. je suis très émue moi aussi par ton texte qui prend aux tripes et est si joliment écrit…
    j’ai fait de la danse classique aussi quand j’étais petite, et je n’en garde pas d’aussi beaux souvenirs que toi.
    merci pour ce très beau moment de poésie 😉

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  5. Tu retourneras un jour vers la danse, j’en suis convaincue. Tu y retourneras pour les sensations et non la performance. J’ai connu moi aussi la prof avec le bâton et je l’adorais. J’avais un tutu assez semblable pour les galas. Je t’embrasse

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  6. C’est un peu triste ce texte mais c’est tellement beau. Un jour, tu retournera vers le cygne et sa danse, quand tu seras prête pour faire tourner le tutu.

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  7. Pfiou, j’ai tellement envie de te serrer dans mes bras là (oui je sais je sais tu n’aimes pas trop ça mais bon)
    Coeur coeur ma douce et tout comme Shalima, j’espère que tu retrouveras le chemin de l’ecole de danse quand tu seras prête et si ça te manque vraiment.
    Je me souviens encore de la fois où j’étais venue te voir, c’était beau.. oh oui c’était beau 🙂

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  8. Salut Camille!
    Je viens de découvrir ton blog grâce à la une de Hellocoton. Habituellement je m’y attarde peu mais là, ton titre, je ne pouvais pas me retenir. J’ai été profondément touchée par ton histoire, c’est assez étrange car je ne te connais pas, je ne connais pas ton histoire ni ton blog, mais à la fin de cet article j’avais les larmes aux yeux. (oui, je suis hypersensible…) Mais cependant je pense qu’une personne qui ne fait pas de danse ne doit pas comprendre à quel point cela peut marquer une vie. Je suis encore trop jeune pour parler d’expérience de vie etc… car je n’ai que 16 ans mais depuis 11 ans de danse classique je sais à quel point ça permet de se trouver, de forger notre identité, de se comprendre et je dois dire que ton article est particulièrement beau. L’anorexie est quelque chose qui me touche beaucoup et rien qu’un article à ce sujet me fait beaucoup de peine alors ce soir je suis contente de trouver ton si beau texte abordé avec beaucoup de lucidité et de positivité.
    J’espère qu’un jour le tutu de Camille aura l’occasion de revivre la belle expérience qu’est un gala,
    Gros bisous à toi.
    Cécile♥

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  9. Superbe texte, je suis aussi une passionnée de classique donc je comprends tout à fait ce que tu dis !! C’est super j’adore 😉

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  10. La valse des fleurs, on l’a choisie comme ouverture de bal à notre mariage!
    Très bel article, je suis dans un processus inverse: j’ai arrêté la danse sur un coup de tête (incompatibilité d’humeur avec la prof, une seule école car petite ville…) à 13 ans et j’ai attendu (bien trop longtemps) d’avoir le temps, d’avoir perdu du poids, d’avoir de l’argent… bref j’ai repris à 25 ans!
    De nouveau les doigts piqués par les aiguilles quand je couds mes rubans, les pointes adulées, aimées (et haïes parfois, mais vraiment parfois), vénérées… et en ce moment je peux prendre 4 cours par semaine y compris des cours ouverts au public au San Francisco Ballet (je n’ai jamais réussi à croiser Mathilde mais on ne sait jamais!)
    Bien sûr reprendre est dur, j’essaye de ne pas me focaliser sur ce que j’ai perdu (comment ça je n’arrive plus à faire plein de pirouettes sur pointes?) et je te le promets, si tu as le courage et l’envie de reprendre un jour, tu retrouveras énormément de plaisir à danser!

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  11. Merci pour cette jolie histoire, et pour ces vidéos qui m’ont permis de m’envoler quelques minutes. La danse classique est un art merveilleux, moi c’est grâce à cela que j’ai appris à aimer mon corps, même quand on ne s’entendait pas bien… J’espère que tu y reviendras un jour, je l’ai fait, et même si je sais que je n’irai jamais bien loin, que je ne serai jamais si souple, que mes pas resteront maladroits, j’aime cette personne que je suis quand je suis perchée sur mes pointes.

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  12. Bravo Camille! Jolie découverte ton blog… Bon, alors moi, je ne connais rien à la danse classique, mais je suis une fan inconditionnelle de Tschaikowsky et des ballets de Noureev, donc, forcément, ça me parle!
    À bientôt sur ton blog, ou sur le mien (je suis une maman blogueuse expatriée en Lozère )

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  13. Ton post m’a émue aux larmes. Je découvre moi aussi ton blog avec Hellocoton, et je n’aurais qu’un conseil: si la danse te manque, fonce, trouve une école et reprends. Oui, là, maintenant. Si si. On n’a qu’une vie après tout (et le temps passe vite… si tu ne reprends pas maintenant, est-ce à 45, 55, 70, 80 ans … que tu vas le faire?)

    Ton niveau et tes sensations seront ce qu’ils seront mais crois-moi, cela revient et il est toujours possible de progresser: à 39 ans, j’ai un meilleur niveau de classique que lorsque j’avais arrêté à 14 ans (j’ai repris à 32 ans après 2 enfants, et j’en ai eu un 3ème entretemps)… donc rien n’est perdu, crois moi!

    Je t’envoie plein de bisous pailletés.

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  14. J’ai un peu la gorge serrée et les larmes aux yeux après t’avoir lue en fait. Pourtant ce que tu racontes n’est pas triste. Mélancolique peut-être, mais plein de jolie nostalgie surtout.

    J’ai une drôle d’histoire avec la danse classique, vu que je passé toute mon enfance à danser devant mes cassettes de ballets de Tchaïkovski, pendant que les autres étaient à la maternelle (je n’y étais pas moi). J’ai passé très peu de temps dans de vrais cours. Je me suis abîmée les pieds qui étaient déjà génétiquement prédestinés à être trop tordus pour faire des pointes (et porter des talons). Et voilà.

    Mais je pleure devant des passages du Casse Noisette (le mouvement « A Pine Forest in Winter » surtout) et j’ai une grande admiration, de loin (je ne suis pas du tout l’actu de la danse classique, et ne vais pas si souvent au ballet, en réalité) pour cette discipline.

    (Dans une autre vie, j’ai trop dansé, je crois.)

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  15. Je découvre ton article via celui de Yasmine et… j’ai envie de te faire un câlin ! Déjà parce que La Valse des fleurs est l’un de mes morceaux favoris (l’an dernier, nous avions été voir Casse-Noisette justement à Bastille avec Yasmine et j’avais l’estomac tout retourné à ce moment-là) et aussi car ce billet est une nouvelle fois joliment écrit.

    La danse classique, ça a été je t’aime, moi non plus durant mon enfance. Je ne voulais pas en faire petite, je préférais le modern jazz, et j’ai été pas mal traumatisée par ma professeure (qui avait aussi un bâton pour nous faire tendre les genoux, monter les coudes et rentrer les fesses) qui m’a dit : « tu ne seras jamais une vraie danseuse, ton corps n’est pas taillé pour la danse, tu as des jambes trop courtes et trop épaisses, et tu es trop cambrée ». Il n’est pas impossible que je déteste mes jambes en partie à cause de ça.

    J’ai donc intégré jusqu’à la fin du collège que la danse, ce serait un vieux rêve et rien de plus (car malgré tout ce que j’entendais, j’avais ce truc en moi – je l’ai toujours d’ailleurs – que danser, c’est ce que je préfère : pester, me sentir nulle, tomber, réessayer, réussir, se perfectionner et se sentir fière, oublier la technique et se laisser porter par la musique, et juste vivre la danse). Mais en troisième, j’ai trouvé des prospectus à Paris pour une école qui formait des danseurs professionnels. J’avais terriblement envie d’y aller mais mes parents mon dit : niet ! Tu ne vas pas être une troubadour, et puis quoi encore ? Et je suis donc entrée en seconde générale et j’ai fait tout bien mon parcours de parfaite petite lycéenne qui va faire des études pour avoir un métier SÉRIEUX.

    Au bac, j’ai passé la danse en option. J’ai préparé ma chorégraphie toute seule pendant six mois avec l’aide de ma professeure de danse jazz de l’époque (j’avais déjà abandonné le classique depuis quelques années, j’avais moins l’impression d’être la petite grosse du cours en jazz). J’étais tellement stressée le jour J : je suis nulle, elles vont toutes être super douées et moi je vais me ramasser. J’ai eu 16.

    Et puis, j’ai été acceptée en Licence Arts du spectacle à Paris 8. Je voulais faire leur Master Danse, l’un des deux seuls en France. Je ne savais pas trop dans quoi je m’embarquais mais j’avais envie de danser, ça c’était sûr. Et puis, encore une fois j’ai pris peur. J’entendais les uns et les autres parler de Cours Florent, de CESMD, de concours par-ci, par-là, de casting, etc. Je les voyais répéter dans les couloirs, rester entre artistes quand moi je ne me considérais pas en être une. J’ai abandonné après le premier semestre et je me suis inscrite en Lettres.

    Je ne peux pas dire que j’ai des regrets car ma vie me plaît et je n’étais (il faut bien le dire) pas particulièrement talentueuse. Pas au point de pouvoir en faire mon métier en tout cas et j’avais trop peur de l’insécurité (dit la fille qui est freelance aujourd’hui).

    J’ai mis du temps à retourner au classique. Et puis, en 2009, je me suis relancée et je me suis réinscrite au conservatoire où j’allais petite. J’ai dû arrêter en 2012 car je partais en Suisse pour un Erasmus, puis j’ai vécu à Toulon quelques mois et ce n ‘est que l’année dernière où ça me manquait trop et je me suis inscrite à nouveau.

    Franchement, oui on repart de zéro (enfin j’ai eu cette sensation). Je n’ai jamais retrouvé mon niveau (aussi car ce n’est que 2 heures de danse par semaine contre les 8 que je faisais à 10 ans) mais j’ai retrouvé le plaisir. On oublie tellement tout quand on danse : les contrariétés envolées, la vie en-dehors, tout s’évanouit.

    Tout ça pour te dire que je te souhaite de tout cœur de reprendre quand tu seras prête et que je ne sais que trop bien le chemin personnel qu’il faut parcourir pour enfiler un justaucorps et une paire de demi-pointes pour la première fois depuis longtemps. Plein de bisous (et réponds à mon DM vilaine) <3

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  16. <3
    souvenirs magiques….
    j'espère que Néréa connaitra ça, le bonheur de danser, une prof extraordinaire et des copines complètement folles et géniallissimes avec qui partager des fous rires à n'en plus finir 😉

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