Les angoissantes nourritures.

Moi, je voudrais savoir à partir de quel moment ça a été si compliqué de manger. Je veux dire, on est tout le temps, tout le temps entourés de message de c’est trop gras, c’est trop sucré, c’est trop saturé, y’a pas assez de fibres, et tes protéines, elles sont où, tes protéines, dis, et puis pourquoi on devrait arrêter de manger du pain blanc et pourquoi maintenant, je passe deux heures à faire mon épicerie parce que le temps de lire toutes les étiquettes des rares produits non bruts que j’achète, et ben il s’est passé assez de temps pour aller faire dix sept fois le tour de mon pâté de maison en courant.

Vous savez peut-être (ou peut-être pas, d’ailleurs), j’ai été anorexique pendant quelques années. Il n’y a sans doute pas un million de choses positives que je peux retirer de cette expérience (appelons ça comme ça), mais il y a tout de même une prise de conscience sur la qualité de ce que je mange, que je ne suis pas certaine que j’aurais eue sans ça et qui, même si dans les paragraphes suivants, vous allez croire le contraire, a été une excellente chose.

J’ai été élevé avec une maman qui nous a toujours, toujours, toujours fait des trucs très bons à manger (sauf les salsifis, maman, pourquoi as-tu fait ça ?), qui utilisait plutôt l’huile d’olive à la place du beurre, qui nous faisait des légumes, des légumes, qui achetait quasi jamais de gâteaux industriels. J’ai été élevée avec des solides bases sur l’alimentation saine, sur le plaisir de manger et sur la simplicité de cet acte. Le vendredi soir, on mangeait des hot dogs de knackis qui baignaient dans la mayonnaise et le ketchup (ma maman fermait les yeux, le vendredi soir), on se léchait les doigts après tellement c’était outrageusement bon et délicieusement interdit par les règles de santé et pourtant, on allait bien, on se posait pas la question de compenser, de faire du sport pour éliminer, on avait juste adoré ce repas les trois-enfants-seuls-à-table, sans plus.
Et pourtant, il y a ce moment où ça a dérapé pour moi et où j’ai tout désappris.

Désappris comment on fait pour bien manger, désappris la faim et la satiété, désappris l’équilibre, parce que tout ce qui dépassait les 10 calories aux 100 grammes (je vous épargne la recherche : à peu près tous les aliments) était interdit dans ma tête. Désappris aussi le plaisir de partager un repas, désappris le plaisir de préparer à manger, désappris les textures, les saveurs, les odeurs, désappris les moments où, après le repas, on reste à table pour tranquillement discuter, sans se goinfrer de tout ce qui passe par là, juste parce que ça nous calme.

J’ai désappris tout ça, j’ai perdu des kilos, des cheveux, ma bonne humeur, et puis petit à petit,j’ai repris du poids et j’ai voulu réapprendre. Je suis devenue végétarienne, parce que manger de la chair me semblait être une hérésie, un truc qui collait pas vraiment avec ce que je voulais être, et puis j’ai commencé à beaucoup m’intéresser à la nutrition. D’abord, pour rassurer mes parents. Après deux séjours à l’hôpital et un suivi psy un tout petit peu long, je trouvais ça pas si dingue que mes parents voient là dedans une nouvelle lubie pour arrêter de manger, encore une fois. Alors j’ai lu, j’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup lu. Comment je vais pouvoir avoir toutes mes protéines, comment je ne vais pas perdre encore dix, quinze, vingt kilos, et comment non, c’est pas une lubie, c’est juste moi, mes valeurs et mes convictions.

Toujours est-il qu’il y a huit ans, j’étais végétarienne, je lisais des trucs sur la nutrition et j’étais plutôt tranquille. Et puis il y a eu une escalade, dans les médias, dans les blogs, dans la vie, à celui qui mangerait le mieux. Le plus végan, le plus cru, le plus local. Mais petit à petit, j’ai eu l’impression de ne jamais être assez informée, d’avoir toujours une nouvelle graine à devoir intégrer à mon alimentation pour avoir plus d’oméga 5478, ou bien une nouvelle noix à transformer en lait pour avoir le poil plus doux ou bien un nouveau sucre à enlever, pour avoir moins de gras du ventre.

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Alors je voulais savoir, à quel moment c’est devenu si anxiogène, de manger. À mon travail, je suis entourée de personnes qui s’en fichent du sucre raffiné et de l’huile de coco et parfois, vous savez, parfois, je les envie. Je les envie de manger sans se poser mille questions, d’où viennent mes noix de cajou, est-ce que c’est correct de manger des avocats qui sont cueillis au bout du monde, mais comme ils contiennent du bon gras (oui bon, aussi parce que c’est merveilleusement bon), c’est bien d’en manger, ou est-ce que je fais bien de manger des patates, alors que leur index glycémique est vachement élevé, dis donc. Je les envie d’être capable de partager un repas sans avoir dû demander avant s’il y a des œufs, du lait, du beurre, ou du bacon, sans se dire que le lendemain, je boirais juste du thé vert, pour alcaliniser ce repas terrible et sans doute après, je mangerai juste du raisin, pour avoir plein de vitamines qui contrebalancent le pain blanc sans fibres.

J’avais une discussion avec un ami il y a peu et je lui disais qu’une fois qu’on sait, une fois qu’on a lu, qu’on a intégré qu’il vaut mieux manger du sucre de coco, du lait d’amandes et des pois chiche, c’est difficile d’arrêter de se poser des questions sur son alimentation. C’est difficile d’ignorer les vérités sur l’élevage, sur les effets de certains aliments sur la santé à long terme. J’ai intégré dans mes habitudes des lectures, de blogs ou autre, qui m’apportent beaucoup de connaissances sur ce sujet qui me passionne vraiment (je voudrais reprendre des études en sociologie de l’alimentation, quand je serai grande), mais qui amènent parfois leur lot de nouvelles informations qui provoquent systématiquement des remises en questions.

Par exemple, le sucre. Vous n’avez sans doute pas raté les récentes publications sur le courant du no sugar. Bon, bah moi je les ai pas ratées en tous cas. Et bien évidemment, j’ai commencé à me demander, est-ce que mon petit ventre, celui que j’arrive plus à perdre malgré mes douze heures de sport par semaine, est là à cause du sucre ? Est-ce que mes moments d’épuisement sont dus au sucre ? Est-ce que mon eczéma est provoqué par le sucre ? Est-ce que mes ongles mous, mes cheveux trop épais, mes grains de beauté, mes pieds secs (allons-y pour tous mes défauts) sont causés par le sucre ?
J’ai commencé à me dire qu’il fallait que j’arrête de manger du sucre, puisque c’était ça qui semblait provoquer tous les maux du monde.

À ce moment là, on était dans la période où, au travail, je devais shooter tous les nouveaux produits. Imaginez une table remplie de tartes, de viennoiseries, de pains, le tout, avec du sucre, avec du beurre et avec de la farine de blé. Et moi, j’étais au milieu, partagée entre ma féroce envie de goûter à tout (je suis gourmande, c’est un fait et si vous me mettez un gâteau au yaourt à la framboise devant le nez, j’ai du mal à pas saliver) et mes convictions, celles qui font que je ne veux plus manger de produits laitiers, d’œufs et maintenant, de sucre. Imaginez le débat dans ma tête, les questions et l’épuisement mental, parce qu’à la fin, ce sont des questions que je me pose tous les jours, tout le temps.

Alors on fait quoi, maintenant ? Est-ce qu’on peut désapprendre quelque part les mille informations qui font que manger m’est devenu totalement anti-naturel ? Est-ce qu’on a le droit de craquer parfois sur du sucre sans passer deux semaines à se dire qu’on a fait la plus grande bêtise de l’univers ? Est-ce que je peux, de temps en temps, manger des tartines d’avocat qui vient de loin, avec de la ricotta qui vient des animaux, le tout sur du pain blanc auquel on a enlevé les fibres, le tout sans culpabiliser parce que je viens de lire sur un blog que vraiment, il faudrait arrêter le gluten pour que le licornes débarquent sur Terre ?

Vous en pensez quoi, vous ? Est-ce que vous avez parfois cette impression qu’on a perdu un petit peu notre bon sens pour l’alimentation, ou bien est-ce que c’est juste moi qui suis encore une fois incapable de faire les choses avec mesure ?

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149 Comments

  1. Hei hei,

    J’ai la chance d’être encore du côté Zob de la force.
    Bon bon, j’essaye de manger local, mais depuis qu’on a déménagé dans un pays où les pommes sont appelées Rouges, Jaunes ou Vertes (c’est en Norvège), et qu’on a le choix entre des tomates et des tomates cerises, on va pas chercher en plus à voir d’où elles proviennent, quelle est leur variété, et je ne te parle même pas de tomates coeur-de-boeuf dont on se nourrissait tout l’été et qui sont inconnues au bataillon ici. Manger local, donc, le seul cheval de bataille qu’il nous restait, consiste maintenant à acheter les saucisses transformées dans une usine à quelques kilomètres de chez nous.

    Même si je fais cuire mes carottes à la vapeur parce que c’est plus sain et surtout parce que je n’ai pas besoin de surveiller, il m’arrive souvent de juger qu’un plat est bien bien gras dis donc, puis je me dis Zob! ca va être super bon.

    Enfin si je commentais, ce n’était pas pour parler des tomates coeur-de-boeuf et du regard vide du caissier quand on achète une aubergine ou un melon, mais pour dire que beaucoup de blogs ou de magazines sont rédigées facon Sciences occultes de la nutrition.
    Bien sur il faut des gens pour rendre les choses claires pour le lecteur, mais quand même, invoquer des grands concepts scientifiques alors qu’ils/elles ont arrêtés la chimie et la biologie il y a bien longtemps, moi ca me fait très bizarre. Alors je voudrais bien que les gourous des ondes positives nous laissent tranquilles, mon pH et moi.

    Donc voilà, si ca peut au moins régler tes problèmes de conscience avec ton pH et l’alcalinité, je te conseille de lire ca 🙂
    http://lepharmachien.com/acidite/

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    1. Ah ah, les gourous des ondes positives, j’adore ! ^^
      Et oui, j’avais lu cet article, mais je suppose qu’après dans ma tête, j’ai vite recommencé à être plutôt d’accord avec les autres, les gourous, donc ! (C’est mon côté un peu béta, ça !)

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  2. Cet article est très touchant et fait vraiment (vraiment !) écho en moi. J’ai souffert plusieurs années de TCA (le plus dramatique dans cette histoire, c’est de faire le constat que toutes mes copines, sans exception, semblent en avoir souffert à des intensités variables entre quinze et vingt-cinq ans) et j’ai suivi le même cheminement que toi : j’ai lu plus que de raison, je me suis informée, j’ai expérimenté, je suis devenue végétarienne, je consomme bio à 90%, j’évite les produits laitiers et limite le gluten et, comme toi, il m’arrive de me poser la question du « est-ce que je ne devrais pas lâcher prise ? est-ce que c’est aussi fondamental dans ma vie que ce que j’aimerais croire ? est-ce que je ne mets pas trop d’énergie là-dedans ? ». C’est difficile de faire la part des choses entre le raisonné et l’émotionnel, entre les liens sociaux et les convictions personnelles. Alors, petit à petit, j’apprends à moins m’informer et à me fier à mon bon sens, à prendre du recul face à l’escalade du « je mange mieux que toi, le crudivorisme et supérieur au véganisme et bla et bla et bla ». J’ai acquis une foule de (vraies) bonnes habitudes de consommation qui, à la longue, sont devenus des réflexes. Alors, pour ça et le reste, j’essaye tant bien que mal de simplifier (à mon sens, elle est là la clé) et de me faire confiance. Mais ça prend du temps, beaucoup de temps.
    Merci pour cet article et que la suite te soit légère, surtout <3

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    1. Merci pour ton petit mot, Caroline. Pour les TCA, c’est assez fou aussi parce qu’autour de moi, je constate que vraiment beaucoup de mes amies en ont souffert aussi (alors je sais pas si c’est juste qu’au final, beaucoup de personnes en souffrent ou si c’est juste que j’ai développé une certaine empathie automatique qui fait que je reconnais un peu les personnes qui semblent en avoir souffert, bref).
      En tous cas, oui, la simplicité, ça devrait être la clé, et ça devrait être un peu mon travail à faire ! (J’ai pas mal lu ton blog, surtout les articles qui parlent de la pleine conscience, je suppose que je vais aussi finir par passer par là aussi. ça devrait un peu m’aider !)

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  3. Super article !
    Moi ça commence à me gaver sérieux ces phénomènes de mode/angoisse liés à la bouffe.
    Après tant que ça n’incommode pas ma façon de manger à moi, je me fiche de celle des autres. Chacun fait ce qu’il veut mais je ne veux surtout pas ecevoir de leçon de personne.
    J’ai moi même eu un rapport à la bouffe compliqué : bouffer quand t’es angoissée, c’est compliqué, surtout quand tu es beaucoup angoissée.

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    1. Chacun fait ce qu’il veut, ça c’est bien vrai, je n’ai jamais essayé d’embarquer personne dans mes mille lubies ! ^^Mais c’est vrai que le rapport bouffe-angoisse est compliqué à gérer quand on a pris l’habitude de lier les deux !

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  4. Je me retrouve bien dans tes propos…. d’un côté : comment ignorer certains faits (et méfaits) lorsque l’on commence à se renseigner et d’un autre côté, comment vivre et s’alimenter de façon paisible ? J’ai l’impression qu’on est très souvent dans les « on doit » comme si on allait se faire taper sur les doigts si on n’ose faire un pas de travers. Personnellement, l’alimentation végétalienne m’a rendue plus sereine (justement) dans ma façon de m’alimenter car je n’ai plus « peur » de prendre 10 kilos à chaque repas tellement c’est sain (et ça reste bon !). Mais là, je commence à me prendre la tête sur d’autres choses : les pâtisseries traditionnelles par exemple, on ne peut les véganiser. Ce n’est pas bien, il y a une tradition, un héritage à respecter. D’un autre côté, exploiter une poule pour ses œufs pour un Saint Honoré, ce n’est pas « bien » non plus. Alors, qui a la réponse ? Comment bien faire ? Je pense (la réflexion est en cours..) que l’important c’est de se sentir bien avec soi même et trouver une façon de s’alimenter qui serait propre à chacun et qui nous permettrait de ne pas culpabiliser. Pour ma part : oui je mange végétalien, pour des questions éthiques, morales et de santé mais quand je pâtisse des gâteaux traditionnels/classiques (dans le cadre de mon futur métier de pâtissière notamment), j’utilise des oeufs (de la fermedu beurre (bio)… c’est un moindre mal.. mais est-ce le mieux ? Comme tu dis, la vie est bien douce pour ceux qui ne savent pas..

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    1. Ah ben justement, j’avais le débat avec un de mes collègues sur le fait de véganiser les pâtisseries tradi. Je bosse donc pour une boulangerie-pâtisserie dont la valeur principale est la tradition française et les souvenirs d’enfance : les recettes sont donc comme chez Mamie et hors de question de songer à mettre du beurre d’amandes à la place du beurre normal. Et je conçois très bien ça, depuis que j’ai appris à cuisiner et à pâtisser en végétal, je ne m’attends plus du tout à retrouver les mêmes goûts ou les mêmes textures, c’est vraiment autre chose !

      Donc oui, l’important c’est juste de faire des choix et d’être en paix avec, c’est juste ça qui est un peu compliqué à équilibrer !^^

      Et j’en profite mais je viens d’aller faire un tour sur ton blog, qui est vraiment très chouette !

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  5. Super article, vraiment! Je suis restée scotchée en te lisant et c’est vrai que parfois, je me dis qu’il faut que j’arrête de lire tous ces magazines féminins où « Non! Pas de gluten! Pas de sucre, pas de ci, pas de ça, faites du sport, mais comme ça » et puis après, paf t’as un dossier cuisine avec plein de recettes de bons gâteaux qui te font saliver. Bref, moi aussi je me sens parfois perdue! Mais je sais que ça ne sert à rien de me priver et même si parfois, j’essaye de faire un peu attention (j’ai pris conscience que mon petit déjeuner pain blanc+ beurre + confiture ou miel n’était pas génial) mais d’un autre côté, je veux me faire plaisir et ne pas me frustrer.
    En tout cas, ton article m’a touchée.
    Et finalement, je me dis qu’il vaut peut être mieux que je reste naïve sur la nourriture que je mange ^^

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    1. J’ai un peu la même réaction que Claire à la lecture de ton article, il m’a beaucoup intéressée et je trouve qu’il résume bien la tendance actuelle. Tu fais bien de te poser ces questions mais aussi de te demander si ça ne va pas trop loin. L’essentiel est de se faire plaisir , et si cela signifie se déconnecter de tout se que l’on peut lire à droite à gauche , pourquoi pas 🙂

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      1. C’est vrai qu’à la fin, voilà, il faudrait juste se déconnecter un tout petit peu de tout ça. Merci pour ton petit mot en tous cas !

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    2. Merci pour ton petit mot Claire !
      Je crois qu’à la fin, oui, il faut surtout penser à se faire plaisir et tout ça, mais justement, tout autour de nous nous rappelle à l’ordre quand on fait pas attention… Bref, oui, reste naïve et continue à manger du pain avec du beurre, parce que quand même, c’est vraiment trop bon !

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  6. Coucou =)

    Est-ce qu’il ne faudrait pas, pour un temps (peut être juste 5 jours) lire moins sur ce sujet de la nourriture, pour recentrer ton attention sur ton assiette et non sur les leurs? Je comprends bien ce gros stress, j’ai eu le même il y a un mois, couplé à un stress du budget trop serré… j’ai passé dix jours épuisée, à ne pas manger assez, jusqu’à ce que je contacte ma banque… Bref l’important c’est de se faire plaisir en mangeant, c’est la priorité n*1!! Quant au pain blanc, au sucre et aux viennoiseries, c’est moins bien qu’un avocat trempé dans mille graines, mais c’est pas une Abomination, c’est juste moins bien, et c’est pas grave.

    Je te souhaite une douce semaine,
    Chloé

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    1. Oh, bien sûr qu’il faudrait arrêter de lire un tout petit peu. Mais c’est plus fort que moi, entre ça et les tonnes de comptes Instagram que je suis et qui prônent une hygiène de vie irréprochable… Merci en tous cas pour ton joli mot, et je te souhaite aussi une très très jolie et douce semaine !

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  7. Qu’il est bien cet article <3
    Je le dis parce que vraiment, en ce moment il a y a plein d'articles sur les blogs qui "critiquent" plus ou moins cet extrémisme du sain, mais souvent je trouve ça tout aussi creux… Comme une nouvelle mode quoi.
    J'en parlais récemment avec une copine, et on se disait aussi qu'il y a avait quelque chose de presque paradoxal aussi, entre d'un côté l'envie de manger bio, local, donc plus simple presque, avec une idée de retour à l'essentiel et au moins transformé, et en même temps la diabolisation de plein de trucs, le gluten, le lactose, parce ce n'est pas très digeste etc, c'est pas naturel du tout ça, je trouve qu'en fait ça rejoint presque un truc très aseptisé à l'américaine, du lait qui n'en est pas, du fromage qui n'en est pas non plus… Ces conceptions là sont pour moi assez proches de ce qui a amené la pasteurisation et la transformation à l'extrême de l'alimentation dans nos sociétés. Je ne suis peut-être pas très claire, mais prôner une alimentation plus saine, plus simple, et en même temps passer la moitié de sa vie à chercher des substituts (des produits transformés donc) à ce qu'on s'interdit de manger, fausse viande, faux fromage… Ça me questionne quand même pas mal.
    Et puis, c'est peut-être contre-productif parce qu'on ne change pas une société et ses habitudes de consommation en prônant quelque chose d'aussi radical, ça effraie et franchement, moi je refuse de devenir obsédée par tout ce que je mange. Le but pour moi c'est d'avoir conscience de ce qu'on mange et ne pas se voiler la face. Donc j'achète bio et local au maximum chez moi, j'ai une consommation de viande limitée (et achetée via la ruche qui dit oui), je ne bois pas de lait au quotidien. Mais quand je sors, bière et planches de charcuterie, c'est mal mais ça fait du bien et je ne culpabilise pas plus que ça. Idem le dimanche d'hiver où j'ai envie d'un chocolat chaud, j'y vais sans culpabiliser.
    Je regrette qu'on n'arrive pas à consommer de manière plus "raisonnée" sans devenir complètement obsédée. Et surtout, je n'en peux plus des donneurs de leçons, surtout que bon, on en parle des conditions de fabrication de leurs nike? Personne n'est irréprochable et c'est tant mieux.
    (Et désolée pour le pavée 🙂 )

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    1. Ahhh merci !
      On prône le retour à la nourriture saine, non transformée, locale (ce qui est très bien) et en même temps, on cherche à enlever certains trucs. Tu as dit le bon mot « aseptisé » et « à l’américaine ». Je vis à Montréal, et ce qui m’énerve par dessus tout, c’est quand on m’impose quelque chose. Par exemple, si je veux du yaourt, c’est compliqué de trouver autre chose que du 1-2%… LAISSEZ-MOI LE CHOIX ! Le gluten, bon, nouvelle mode, plein de personnes ne veulent plus manger avec du gluten alors que peu sont vraiment intolérant au gluten. Je pense que c’est bien ce développement pour les gens qui ont réellement des difficultés ou des intolérances mais si ça doit empiéter sur ce que les « non intolérants » ont, non. Moi, je veux avoir du lactose dans mon lait, ça me fâche de me retrouver à devoir acheter du « sans lactose ». Je ne veux pas créer une aseptisation dans mon corps ! Et je ne veux pas qu’on cherche à me faire culpabiliser parce que je ne mange pas de quinoa. Le plaisir de la table est tellement important !

      On peut manger sainement sans trafiquer sa bouffe dans un sens comme dans l’autre, et se faire des repas cochons de temps en temps. Bref, je pense qu’on devient trop parano et qu’il faut trouver ce qui nous convient nous, en s’en fichant de ce que pensent les gourou

      (je n’ai rien contre ceux qui mangent ultra sainement hein ni ceux qui se posent des questions, c’est juste que je n’aime pas me faire imposer des choses ou juger ma façon de manger ^^)

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      1. On devient trop parano, ça, c’est totalement juste. Désolant, aussi !
        Merci pour ton petit mot en tous cas ! 🙂

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    2. Merci beaucoup pour ton petit mot !
      C’est vrai qu’à la base, moi j’étais bien contente de voir que l’idée c’était de prôner un retour au vrai et au simple, au fait maison, vu que j’ai toujours mangé comme ça, ça me paraissait très sensé ! Et après, le sans gluten a débarqué et déjà ça, j’ai commencé à être dubitative (je ne parle pas pour les coeliaques bien entendu, c’est une vraie maladie, je le sais), mais cette idée de supprimer petit à petit des aliments qui sont à la base de l’alimentation (je veux pas dire, mais il y a quelques siècles, on mangeait 2 kg de pain par jour par personne… Avec des masses de gluten, donc !).
      C’est vraiment ce côté équilibre qui est dur à trouver, quand on est comme moi en constante remise en question et en constante comparaison avec les autres !

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  8. Pour ma part, j’ai grandi dans un pays où il n’y avait pas à se poser de questions: tout ce qu’on manger était « bio », sans conservateur, sans pesticides….mais un jour, je suis venue en France et là patatra, il fallait que je regarde au moindre détails le contenu de chaque produit que j’ingurgitait. Pas au début, bien sûr mais quand j’ai commencé à grossir tout en mangeant les mêmes choses que je mangeais avant – même s’il y a aussi le facteur âge-, je me suis dit que ce n’était pas normal. Aujourd’hui, oui, je regarde tout, et je fais attention mais il m’arrive de craquer, il m’arrive de suivre mes collègues au resto, dans ces moments là, j’essaie de ne pas culpabiliser mais ce n’est pas si évident :/

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    1. Tu as grandi où, si ce n’est pas indiscret ? Je pense que c’est un mélange de l’âge et donc de la prise de conscience d’adulte, mêlé à l’effet de mode, d’hygiénisme, d’escalade vers le toujours plus (ou toujours moins)… Bref, pas facile !

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  9. Coucou,
    J’aime beaucoup ton article, tu dis beaucoup de vérité. C’est vrai qu’en ce moment il y a une mode de manger le plus frais possible et d’éliminer tout ce qui contient du sucre. J’avoue que je suis un peu mitigée.. Je pense qu’il faut trouver le juste milieu. Manger correctement tout en se faisant plaisir de temps en temps.. Parce que à force de se frustrer et de se forcer à manger que des légumes ou produits frais, on va finir par saturé et reprendre aussitôt les vieilles habitudes…
    Personnellement, je fais attention à ce que je mange, mais quand j’ai envie de quelque chose de caloriques, je me fais plaisir et je ne me pose pas des barrières ! 🙂

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    1. Merci pour ton petit mot !
      Oui, il faut trouver un juste milieu, mais justement, c’est ça : pourquoi est-ce que c’est si difficile de s’écouter et d’écouter son corps, parce que je reste persuadée que le corps est une machine assez extraordinaire qui est tout à fait capable de savoir si elle doit arrêter de consommer du sucre ou pas. S’écouter, ça devrait quand même pas être si compliqué !

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  10. Je me retrouve un peu, je suis passionnée par l’alimentation, j’ai lu et je lis beaucoup de choses sur le sujet, je fais une formation en naturopathie et effectivement,
    plus on en sait, plus il est compliqué de manger sans conscience, je suis en décalage quasi permanent avec mon entourage. J’aime Mc do, toujours, mais il a un arrière goût qui gâche un peu mon plaisir.
    Quand je mange mal, il y a tjs une pointe de culpabilité, car c’est pas bio, pas si pas ça. A la maison, c’est bio et/ou local, j’ai réduit les produits animaux et introduit beaucoup d’aliments trop rarement consommés et il y a aussi des bonbons haribo et des trucs pas bons pour la santé car je ne suis pas prête à m’en passer!
    La bonne nouvelle pour nous, c’est cette conscience et ce savoir qui peut nous aider à prévenir de futurs problèmes de santé, on a les clés et à nous de faire du tri pour éviter de tomber dans les extrêmes.
    C’est assez brouillon comme commentaire, mais le sujet est tellement vaste 🙂
    Merci pour cet article!

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    1. Merci à toi pour ton commentaire !
      Je rêve de faire une formation en naturopathie aussi (il me faudrait sept vies pour pouvoir tout faire, je crois). Mais voilà, plus on en sait et plus c’est difficile de faire le tri entre tout, surtout que globalement, s’il y a certains points qui sont fondés et prouvés, beaucoup ne sont que des hypothèses. C’est un peu dur – quand on est comme moi et qu’on aime bien quand même essayer un peu tout par soi même – de faire un vrai tri et surtout, de fermer ses oreilles un tout petit peu quand on en a envie !

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  11. Coucou,
    Très bel article! Avec enfin du bon sens. Chacun sa propre alimentation et sans jugement serait bien aussi sur les réseaux sociaux! Les Végans belliqueux qui donnent une mauvaise image au final, ca va cinq minutes. C’est à devenir fou si on essaie comme toi de tout suivre…Les trois quart étant au final que dans la tête. Le pire étant les « intolérant au Gluten », la petite blague. Du moment ou il il y a un petit truc qui va pas, ils se disent intolérant… aucun respect pour les vrais intolérants, ceux qui ont de grave anémie sans pouvoir régler ça, ceux qui ont de la tachycardie etc…
    La nouvelle mode vient au lactose aussi. Comme quoi, dans le lait, il y a un constituant de la colle extra-forte! bah oui Ducon, on est abruti d’aller à casto chercher notre colle, on devrait juste prendre notre brique de lait pour réparer nos meuble. Puis soit-disant que les bébé animaux ne reviennent pas au lait une fois la croissance fini. Ce qui est assez normal puis que la mère en a plus et ne reconnait plus son enfant vu qu’il est sevré. Et puis, un veau, ça fait rarement ses courses chez Liddle, donc oui, il a aucun moyen de s’en procurer. Un lapin mange pas de carotte dans la nature, on doit s’arrêter de leur en donner et nous d’en manger pour autant? Je ne crois pas. Le lait c’est pareil, il suffit de voir la constitution osseuses des petits vieux entre celui qui a mangé des produits laitier toutes sa vie et l’autre non.
    Chaque aliment à son pour et son contre, que certains ne veulent plus manger certains aliments, par choix, par peur, parce qu’il lui semble que… je peux comprendre. Moi même ne mangeant plus de viande pour plusieurs raison. Mais c’est MON choix, et jamais je n’irais critiquer ceux qui ne le suivent pas.
    Surtout que je trouve ça ridicule de critiquer ce qu’il y a dans l’assiette des autres, car c’est exactement ça. On est venu à un tel point d’exposition de nos vie, qu’on arrive à critiquer l’assiette des autres, tout va bien. Bientot, ca sera nos position pour dormir et au lit? Ca parait dingue mais on y arrive. Cette surexpostion dont tu parles dans ton article nous le montre bien. Du moment qu’on croit que, il faut faire une revue de presse, alerter les gens, leur faire peur, sur certains ça marchera, sur d’autre non, mais le mal sera fait pour la plus part du temps des article totalement faut. Le cas du Paraben est le plus probant.
    Bref, je vais m’arreter là sur ce commentaire!
    Bisous bisous!

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    1. J,ai hurlé de rire en train de m’imaginer avec ma brique de lait pour coller mes étagères, merci ! Merci en tous cas pour ton commentaire, c’est sur que c’est le choix de chacun, mais justement, quand sur Instagram, tu es inondé par exemple d’assiettes sans gluten, sans lactose, sans sucre, sans huile, sans prout (un intrus se cache dans la liste), c’est pas évident de savoir à quel moment c’est TON choix et pas le choix qu’on t’a dicté sans que tu t’en rendes vraiment compte !

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  12. Coucou!
    Je me reconnais pas mal dans ce que tu as écrit, je suis passée par les mêmes épreuves que toi et j’en suis arrivée à la conclusion que l’on passe facilement de l’anorexie à l’orthorexie, c’est à dire la maladie de vouloir manger sainement le plus possible… Si ça peut te rassurer je pense que c’est en arrivant là que tu commences vraiment à voir le bout du tunnel car déjà tu recommences à manger « vraiment ». Après pour mon cas je commence à réussir à remanger « normalement », de temps en temps je m’accorde un repas pas sain du tout, je compense par du sport mais malgré tout manger une pizza de temps en temps ça fait vraiment du bien quand même!! Et j’ai le sentiment que c’est un peu ça le début de l’équilibre, se faire plaisir mais savoir compenser d’un repas sur l’autre pour ne pas retomber dans des dérives…
    En tout cas bon courage à toi! 🙂

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    1. Je crois que quand on se sort de l’anorexie, on est tellement paumé dans la vie que passer d’un sur-contrôle de tout à la vie « normale » et au lâcher prise complet est extrêmement compliqué, du coup, oui, l’orthorexie pointe rapidement le bout de son nez. Évidemment c’est pas la même chose pour tout le monde et je crois un petit peu que l’environnement social dans lequel on baigne – les réseaux, les hashtags ramenant tout au non-quelque chose, facilite un peu cette bascule… Enfin, bon courage en tous cas à toi, et puis merci aussi d’avoir laissé un petit mot ici.

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  13. Je suis tout à fait d’accord avec toi, j’ai l’impression que manger n’est plus un plaisir, mais un combat . Et c’est vraiment dommage. Perso je n’écoute pas toutes ces « modes » sans gluten, sans lactose, sans viande, sans oeufs, bientôt on ne se nourrira plus ! Je ne suis pas vegan, ni végétarienne, je mange de tout en essayant d’écouter mon corps et mes envies. Point . 🙂

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    1. Un combat plus qu’un plaisir, c’est ça. Quand je vais faire mes courses – sauf au marché, parce que ça c’est cool, c’est beau et c’est coloré, c’est un casse-tête de savoir ce que je vais acheter ou pas. Au final, quasi rien, vu que mes courses se font essentiellement au marché, mais bon.
      En tous cas, oui, le point d’écouter son corps, c’est pas mal le truc le plus intelligent à faire – si on y arrive ! ^^
      Merci pour ton petit commentaire !

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  14. Il est chouette ton article, et comme souvent, il me parle beaucoup. J’essaie de faire pour le mieux, à ma façon, et de m’écouter. J’essaie de prendre du recul sur ce que l’on pourrait penser. Je m’en fous qu’on me trouve trop névrosée, trop mince, trop grosse, trop. Je me suis un peu rendue malade à cause du poids de ce regard-là. Maintenant, cela me passe au dessus. Si on me fait une remarque, je souris.
    Alors et au quotidien, j’essaie de manger sain (et pas forcement la même chose ni au même moment que mon amoureux, je m’en voulais un peu au début, et puis en fait, c’est devenu une habitude). Quand je sors avec des amis ou en couple, je me fais avant tout plaisir et je réfléchis pas si c’est bon/pas bon pour mon corps/mon-gras-du-ventre (et peu à peu, je crois que quand même les deux se rejoignent naturellement). Et puis, bon, en revanche, j’évite pas (encore) le « je m’en veux quand même un peu » du lendemain et le thé (et c’est tout, parce qu’il faut que mon corps évacue-respire-s’y habitude pas trop).

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    1. Merci pour ton petit mot, May. Je trouve ça tellement beau que tu sois capable maintenant de passer au dessus de tout ça, je t’admire un peu-beaucoup pour ça, tu sais.
      Après, je trouve que naturellement, sans forcément trop se forcer (je crois), le corps réclame ce qui est bon pour lui, alors quand on a trop mangé, je sais que moi je sens que je veux du vert, du frais, du fruit ! À moins que ce ne soit encore une déformation de tout ça, mais bon.

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  15. tu as bien raison, ça devient compliqué d’avoir une relation saine à la nourriture. Perso, j’ai remplacé le pain blanc par le complet, le sucre blanc par le sirop d’agave, je n’achète plus de plats tout fait pour éviter les E et compagnie autant que possible ni de boîtes de conserve pour éviter le cheval…. et je mange des fruits et des légumes à tous les repas….mais je ne refuse pas un bon macDo ou les sucreries pleine de gras et de colorants… pas facile et contente de savoir que c’est compliqué pour les autres aussi 🙂

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    1. C’est un peu rassurant (ou pas ?) de constater qu’à la fin, on est beaucoup à se poser des questions. Je n’achète plus du tout de produits industriels depuis quelques années (depuis que je vis seule, en fait), mais c’est vrai qu’au resto, j’ai tendance quand même toujours à prendre la salade, ou bien à taire mon envie de frites – parce que je ne sais pas si elles sont cuites dans de la bonne huile, ou si y’a pas du beurre qui se cache quelque part. Bref, il faudrait que j’apprenne à lâcher du lest aussi !
      Merci en tous cas pour ton petit mot !

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  16. je trouve tes réflexions très intéressantes, bien qu’un peu extrêmes (par rapport à mes propres questionnements, hein, il n’est absolument pas question de jugement ici!). comme tentative d’échange, je n’ai que ma propre expérience à partager.
    pour des raisons de santé, je dois éviter certains aliments. pas mal même. pour des raisons d’éthique (et de santé toujours), je voudrais aussi manger du frais, de saison, local, végétarien. sauf que je déteste faire les courses et encore plus faire à manger (et je raffole du sucré). du coup je suis en culpabilisation permanente entre mes besoins/mes désirs/mon quotidien. en ce moment, je suis un peu pus en paix avec tout ça et je pars du principe que je fais du mieux que je peux selon mon état de fatigue/à quel point mes exigences entravent ma sociabilisaion/à quel point je meurs de faim là tout de suite…
    d’un point de vue plus théorique, je crois que c’est devenu un combat de manger parce que nous devons à un niveau individuel, compenser les aberrations de l’industrie agro-alimentaire et à un niveau plus élevé, les rapports monstrueux entre les grands lobbies et le système politique. et ils ont tellement bien bossé depuis plus de cinquante ans que le bon sens ne suffit plus pour se nourrir. et à ça je n’ai pas de réponse et je me sens très petite. mais la lutte continue 😉

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    1. Camille, ton article me parle totalement et fait écho à pas mal de questions que je me pose également. Et je trouve très intéressant ce que soulève le commentaire de Cloc !
      J’ai toujours eu un rapport assez simple avec la nourriture, mangeant ce dont j’avais envie quand j’en avais envie et tentant de rester mesurée, mais depuis quelques temps, les multiples articles et études sur le sujet à propos du gluten, du sucre, du lactose et blablabla… me poussent à remettre en question ce que je croyais être du bon sens. Le « bien manger » est devenu une vraie obsession sociale, qui finit par nous rendre un peu schizophrène en cherchant à compenser au niveau individuel les excès de cette industrie agro-alimentaire, qui pour le coup, n’est globalement pas prête à remettre quoi que ce soit en question (trop d’enjeux d’argent et de pouvoir certainement). Comme pour beaucoup de choses, la prise de conscience se fait par le bas et on cherche à contrôler notre impact sur l’environnement et sur notre santé en s’imposant des dogmes complètement angoissants qui vont toujours plus loin. Si on continue, on n’acceptera bientôt de manger que les fruits et légumes qui auront poussé dans notre propre jardin…

      Dit comme ça, ça a l’air un peu extrême, alors que je suis la première à passer des heures au Biocoop du coin et à lire sur ce sujet, preuve que je suis moi-même un peu touchée par cette schizophrénie… Je pense que comme l’ont dit beaucoup de commentaires, il faut juste s’écouter et apprendre à lâcher prise. C’est épuisant d’être tout le temps dans le contrôle : beaucoup de sport, pas de gras, pas de sucre, pas de ci, pas de ça… Quelle place reste-t-il pour le plaisir ? Rien n’est mauvais en soi, par contre, l’excès, dans un sens comme dans l’autre n’est jamais bon et ça, l’overdose d’infos que l’on intègre tous les jours a tendance à nous le faire perdre de vue. Le tout est de trouver un équilibre. En tout cas, je refuse de culpabiliser parce que j’ai mangé un croissant trop gras, un avocat de Nouvelle-Zélande ou de me mettre à la diète parce que j’ai fait un repas entre amis trop arrosé.

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      1. Merci pour ta réponse aussi, Leila, tu résumes très bien ce qu’en théorie on devrait tous faire : l’équilibre, la modération ! Voilà.

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    2. Merci pour ton petit mot Cloc !
      Oui, c’est vrai que c’est un petit peu extrême (j’ai tendance à pas trop faire les choses à moitié, c’est parfois un peu pénible ^^), mais en tous cas, oui, je suis à 300% d’accord avec tout ce que tu dis !
      J’ai des phases où je suis beaucoup plus en paix avec tout ça (quand j’ai beaucoup beaucoup de travail par exemple et que j’ai moins de temps pour réflechir à tout ça !), mais j’ai vraiment encore beaucoup de mal à gérer la partie sociale + mes convictions ! Mais bon, c’est encore un autre souci, ça !

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  17. Très bon article , j’ai eu une longue phase d’anorexie mentale pendant de longues années , j’ai donc beaucoup apprécié lire ceci . Je pense que parfois médiatiquement ou via des blogs et infos on nous pousse à faire attention à tout mais cela à 2 résultats la plupart du temps , soit les gens s’en fichent complètement à force d’avoir entendu que tout est mauvais ils décident de ne plus faire attention et trouvent tout banal , ne s’étonnent plus des scandales alimentaires ou autres , ou soit les gens deviennent trop dur et strict sur le sujet . Je me suis rendu compte que j’ôtais trop d’aliments non pas en fonction de mon bien etre ou de mon ressenti de corps mais juste parce qu ‘on me l’avait dit , j’ai eu une peur de retomber dans une totale restriction et je préfère aujourd’hui moins me prendre la tete , manger des produits fait maison en priorité , limiter ce que je veux limiter , manger sainement faire du sport mais ne pas tomber dans une mauvaise pente en étant trop esclave de mon assiette .

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    1. Merci pour ton commentaire ! Effectivement les médias en général (blog, magazines, chaines youtube…) nous poussent à tout contrôler et, en extrapolant un peu, à tout contrôler mieux que son voisin. C’est usant et quand on est un peu fragile à ce niveau là (l’anorexie, personnellement, m’a pas mal fragilisée !), on a vite tendance à participer à la surenchère !

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  18. Merci pour ton chouette article, il me parle tellement !
    J’ai des périodes de ma vie ou je subis certaines lubies alimentaires de la part de mon cerveau. Je me suis auto-interdite certains aliments ( comme tous les corps gras jusqu’a la moindre goute d’huile d’olive ), ou forcée a en manger d’autres jusqu’a ecoeurement.

    Je sais maintenant que je dois prendre du recul par rapport a toutes les idées véhiculées par certains blog/sites/media, que je trouve souvent drastiques.. Il faut que je réapprenne a m’écouter, a prendre en considération chaque petite part de mon corps et lui apporter ce dont j’ai besoin ( pour le corps et le plaisir évidement 😀 ).

    Merci encore pour cette réflexion 🙂

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    1. Apprendre à vraiment écouter son corps et à arrêter d’intellectualiser tout ce qu’on met dans son assiette : voilà là où je voudrais pouvoir arriver ! 🙂
      Merci en tous cas pour ton petit mot !

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  19. Bien d’accord avec toi, c’est difficile de manger de nos jours! Il y a une telle pression de l’alimentation que si tu manges un steak (et le mets sur les reseaux sociaux) les gens s’affolent! mais dans la vraie vie, moi je m’en fous, je mange ce que je veux avec moderation! 🙂

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    1. Ah ah, j’avoue qu’en ce moment, c’est plutôt le green smoothie qui a la côte sur Instagram ! Merci pour ton petit mot en tous cas ! 🙂

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  20. ……………………….Je ne me suis jamais autant reconnue dans un article…j’en ai les larmes aux yeux…
    C’est les vacances, alors j’ai plus de temps pour trainer sur les blogs, et ces derniers jours, ça m’est terriblement monté à la tête : plus de gluten, plus de cuir, plus de produits raffinés, plus de produits animaux, plus de miel, que du bio, du local…Au point de me causer des insomnies tant je me posais des questions ; mais pas tant des questions constructives, que des « mais que vont-ILS (qui, je ne sais pas) penser si je m’affiche végétalienne alors que je porte du cuir de temps en temps? », « ai-je le DROIT de manger un peu de miel ? » « est-ce GRAVE si je ne consomme pas que made in France? »
    Le pire c’est que ces normes sociales et les conseils de blogueuses ne veulent pas nous enfermer dans une bulle sectaire, mais juste nous rendre plus « healthy » ou respectueux ; et le pire c’est que si ça devient aussi extrême dans notre tête, c’est parce-qu’elles ont RAISON : quand on commence à refuser de manger de la viande, en quoi est-ce cohérent de continuer à consommer des produits laitiers, source d’autant de souffrance? Pourquoi cautionner l’exploitation de travailleurs en achetant du made in pétaouchnok ?
    Mais quand on est vulnérable et peu solide, même si on a eu une super éducation alimentaire, très épanouissante et saine, on est perdues, et ça devient « tout ou rien » : plus aucun produit animal, que des aliments sains, bios…
    Ce qui fait qu’on perd évidemment toute notion de plaisir, et on se comporte comme s’il y avait une police du healthy et du éthiquement correct qui nous surveillait ; ce qui rend la chose totalement incohérente et contre productive, puisqu’on finit par devenir végé, bio, patati, pour les autres, et non pour soi, par conviction envers une cause
    rendre le truc si dogmatique, le centre sur le côté alimentaire, alors qu’on peut aussi (surtout?) devenir végé pour la planète et les animaux ;
    Or une fois qu’on a mis le doigt là-dedans, c’est l’engrenage ; non pas parce-que les gens veulent rendre ça sectaire: mais parce-qu’une fois qu’on a commencé à se renseigner, on se rend compte qu’il y aurait tellement de changer à apporter à son alimentation, que c’est sans fin. Et tout ça pour la bonne cause, pour un corps en meilleure santé, un monde plus éthique…Mais rationaliser autant faire perdre toute cohérence et dénature la raison d’être de ces mouvements
    Depuis 2-3 jours, j’ai réussi à prendre du recul, à me renforcer petit à petit en faisant un tri dans les choix alimentaires que je conservais, parce-que ça finissait par n’être qu’un gouffre insensé ; mais je me sens encore vulnérable et pleine de questions (gluten, oeufs de MA poule bien traitée, cuir, miel, etc) qui continueront de me perturber, parce-qu’au fond c’est vrai qu’on devrait manger bio, ne pas consommer de produits animaux, tout ça ; mais ces injonctions font perdre la tête et faussent la sincérité de ces choix…

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    1. Je me reconnais aussi beaucoup dans tes questionnements sur ton positionnement face aux autres : j’ai l’habitude d’expliquer aux gens que je suis végétalienne, mais que oui, parfois, je suis obligée en société de manger un peu de lait, ou du beurre ou du miel.
      Depuis que j’ai écrit cet article et que j’ai lu toutes vos réponses, j’ai commencé à vraiment prendre un peu plus de recul : j’ai le droit d’avoir les convictions que je veux et j’ai le droit de temps de temps de manger du lait, si il le faut, sans pour autant m’auto-flageller. Alors non, je n’y arrive pas encore tout le temps, mais bon. Je crois aussi que sur les blogs, on montre ce qu’on veut montrer : les blogs végé, healthy, etc, nous montrent juste leur partie healthy de la vie, idem sur Instagram. Je vais pas montrer des photos de moi avachie dans mon lit en train de manger des céréales industrielles à même le paquet si je prône un mode de vie sportif et sain, même si parfois, ça m’arrive de sortir de ce chemin. Enfin, voilà quoi.
      Tout ça pour dire que nos convictions ne regardent que nous, et que si tu veux manger du miel parce que c’est vraiment trop bon, et bien fais-le !

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    2. C’est ca je crois, il faut faire le tri et choisir quelles regles sont les plus importantes pour toi, et aussi a partir de combien « d’interdictions » tu etouffes (ou quelles interdictions sont les plus dures a vivre).

      Perso je ne crois pas au gluten – j’ai toujours lu que les cereales completes c’etait bien pour la sante, pourquoi ca changerait d’un coup? Et puis les medecins le disent qu’en realite peu de gens sont allergiques… Je pense par contre qu’il est en effet bon de varier les cereales, d’ou l’interet des recettes sans gluten. Par ailleurs je me sens lourde et inconfortable quand j’ai trop mange, qu’il s’agisse ou non de gluten, et c’est le seul probleme de ‘digestion’ que je rencontre.

      Je suis vegetarienne et je mange vegetalien a la maison; j’aime trop etre invitee a manger et aller au restau (et manger des choses bonnes au restau) pour devenir completement vegetalienne; je crois que je serai vraiment malheureuse si ce plaisir m’etait enleve. Par ailleurs mon but est non seulement de ne plus encourager les industries animales, mais aussi de faire reflechir mon entourage, or il me semble que les gens ecoutent moins les « extremistes » comme ils disent. Je prefere me montrer mesuree, ca aide a la discussion.
      (et puis je ne me sens plus coupable, surtout, il me semble que ne plus acheter de produits animaux dans les supermarches est deja un pas enorme et suffisant pour faire chier les industies).

      J’ai arrete le sucre a une epoque, et en effet le gout du sucre finit par disparaitre, ce qui n’est finalement pas une si bonne nouvelle que ca. Quand j’etais invitee a manger, j’aimais les crudites en entree, je ne prenais pas de plaisir au plat principal parce que je ne pouvais manger que l’accompagnement, souvent neglige, le fromage bah bof, j’aime encore ca mais ca laisse un gout amer dans la bouche quand meme, et meme le dessert me decevait parce que beaucoup trop sucre a mon gout.

      Je crois qu’il faut toujours faire en sorte de pouvoir quand meme prendre plaisir a manger avec les autres, parce que le cote social du repas c’est vachement sain quand meme, c’est une barriere pour ne pas devenir trop fou, et puis c’est vachement agreable de partager un repas.

      Voila, j’ai donc comme seules regles le vegetarisme stricte et le vegetalisme autant que possible a la maison, parce que je me sentirais trop coupable autrement, c’est pour moi le minimum. Et puis il ne s’agit pas de moi, il s’agit des animaux, c’est donc plus crucial que ma simple « sante ». D’ailleurs la sante c’est aussi grandement genetique de toute facon, alors ce n’est pas la peine de se rendre malade pour ca. Evidemment, je fais aussi GLOBALEMENT attention, a la maison c’est quasiment systematiquement cereales completes (et sucre complet), des proteines et bcp de legumes et de crudites, mais ce ne sont pas des regles strictes: si j’ai envie d’un pain au chocolat je ne vais pas me priver.

      Maintenant (desole pour ce tres long commentaire sans accent en plus, je suis sur un clavier qwerty), ces decisions ne m’empechent pas d’etre bizarrement tentee par le cru-sans guten-vegan et tutti quanti. Ces decisions ne m’empechent pas de me sentir parfois mal apres avoir mange du pain blanc, des frites, bref, on n’en finit jamais de se sentir mal avec ces modes de tout-sain et on n’en finit jamais d’avoir envie de se radicaliser. Je resiste tant que je peux parce que je sais que je ne serai pas heureuse en radicalisant.

      Voila ma contribution, j’espere qu’elle sera utile… 🙂

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  21. J’ai beaucoup aimé cet article, il m’a touchée, il m’a parlé, il a sonné juste et a titillé des cordes qui sont souvent mises à mal ces temps-ci au milieu de toutes ces informations pour faire « mieux » et « encore mieux ».
    La nourriture et moi, ça n’a pas toujours été simple. Vraiment pas. L’été dernier, j’ai lu Faut-il manger les animaux ? ce livre que tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin au végétarisme et son pourquoi ont vu passer à un moment ou à un autre sous leurs yeux ou dans leurs mains. J’en ai lu les 3/4 et je n’ai pas pu aller plus loin. Ce livre a réveillé une angoisse bien plus profonde et lointaine que l’horreur décrite de l’élevage animal. Il a réveillé cette honte, ce malaise de la différence. Être celle qui fait « des manières », qui ne mange pas « comme nous », « comme tout le monde », celle à qui « on ne peut rien faire à manger, pffff ». J’ai arrêté ce livre déprimée déchirée entre la réalité de l’horreur des élevages, l’amour de ces plats contenant de la viande/lait/oeufs/fromage, mais surtout la peur de revivre cette différence-là à table.
    Quand je lis des articles où les personnes expliquent comment elles amènent leurs propres plats, leur propre pain, cela me file des sueurs froides. Alors je sais que je ne peux pas. Pas de manière franche, nette, définitive. Je me contente de ralentir et d’agir sur ce qui est à ma portée : ce que je cuisine dans ma cuisine et pour le reste, de ne pas me faire remarquer.

    Je crois vraiment qu’en matière d’alimentation, à cause de cette angoisse dès que je m’y intéresse de trop près, je me contente de messages simples et de petites choses qui me donnent l’impression de faire bien : acheter des fruits et légumes frais en numéro 1. J’essaye de ralentir le sucre. Mais je ne le supprime pas. Mais tu vois, il y a un truc qui est devenu quotidien et qui ne l’était pas avant : la culpabilité. Cette petite voix qui dit « tu vas vraiment boire un soda ? », « tu vas vraiment manger ça ? », « tu sais qu’il y a du lait dans ta glace ? » (oui pour le lait, j’essaye vraiment de diminuer pour de vrai et c’est de l’ordre du faisable avec discrétion ce qui aide beaucoup) alors que moi je n’aime rien de plus qu’une glace au yaourt ! Et je crois que c’est ça qui ne va pas dans le message du moment, la culpabilité insidieuse que des messages apparemment gentils et bons font passer de façon larvée…

    Pleins de bisous Camille, à bientôt !

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    1. Merci Célie ! J’ai mis un temps fou à répondre, mais merci pour ton long commentaire. Etre celle qui fait des manières, je l’ai été depuis que je suis gamine… Je laissais toujours la viande sur le bord de l’assiette, j’aimais pas les yaourts avec des morceaux, je vomissais face à des oeufs durs, j’aimais pas les carottes rapées trop fines, bref, j’étais chiante. Maintenant, j’entends encore souvent autour de moi « mais t’es chiante aussi à pas manger comme tout le monde », sauf que maintenant, c’est des convictions, plus des caprices de gamine.
      Mais pour la culpabilité, vraiment, je suis pareil : depuis quelques temps, je culpabilise pour tout, dès que ça sort des fruits et légumes frais, alors que non, ça, c’est pas normal…

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  22. Je comprends complètement tes angoisses et je pense malheureusement qu’elles parleront beaucoup à énormément de personnes (surtout celles qui lisent les blogs et les magazines qui surfent sur les modes, bien sûr). Étant comme toi, assez informée et dotée de quelques convictions, je sens bien que la limite est mince entre choisir consciemment ce que l’on mange et tomber dans un excès de contrôle malsain.

    Mais tu sais, je pense que la seule façon de marquer cette limite (qui est propre à chacun) est d’apprendre à s’écouter. Avec l’âge, c’est vraiment quelque chose que je valorise de plus en plus, et c’est à mon sens la clé de beaucoup de choses. C’est génial de savoir, et d’agir en conséquence, mais nous devons tous comprendre que la vie n’est pas toute noire ou toute blanche, et que parfois, nous avons tous besoin de petits écarts si le coeur nous en dit. Je dirais même qu’il faudrait que nous en fassions tous, ne serait-ce que pour maintenir ce recul, cette ouverture d’esprit aux petites aspérités du quotidien qui sont aussi là pour garder un esprit sain – trop de perfection rend fou.

    Quand on a envie de légumes, de choses légères et saines, rien ne sert de se forcer à dévorer 3 kouign ammans, mais quand on a envie de quelque chose de bien gras et sucré, pourquoi ne pas s’approcher au maximum de cette envie (en l’adaptant à ses convictions, éventuellement) ? Moi je n’hésite pas à m’acheter un donut artisanal chez le boulanger du coin lorsque cela me fait rêver, et je sais que cette petite exception me fait autant de bien, ne serait-ce que moralement, que mes repas plus healthy en font à mon corps. Au pire du pire, la seule chose qui se passera, c’est que j’aurai mal au ventre, et franchement ce n’est pas une certitude, ni encore moins un drame. Et j’ai suffisamment confiance en mon mode de vie, dont je sais qu’il me convient bien grâce à cette écoute que j’ai de moi-même, pour compenser la petite douceur sans que j’aie à m’en préoccuper.

    La vie est trop courte pour se poser autant de questions, alors autant vivre le moment présent, être authentique vis à vis de soi-même en se tournant vers sa propre voix plutôt que vers tous les diktats qui nous confondent. Ce n’est pas toujours facile à appliquer, je le sais, mais le simple fait de se reconcentrer sur soi de temps en temps aide beaucoup à se libérer de ces pensées angoissantes, je trouve 🙂

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    1. Merci pour ton long commentaire, Victoria, ça me touche beaucoup ! Tu le sais déjà, je trouve que tu es une de ces personnes très inspirantes en matière de mode de vie, tu prônes toujours une alimentation saine, variée, mais quand même super gourmande et ouverte sur tout. J’aime beaucoup.
      Et tu as entièrement raison, oui, il faut apprendre à s’écouter et se reconcentrer sur soi même. Ça va être mon gros travail de ces prochains mois !

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  23. Si je peux me permettre ce n’est pas une question d’informations ou de faire les choses de manière démesurée. Le problème de notre société (et le tien du coup je pense en te lisant) est le besoin de contrôle. Le poids, les quantités les origines les aliments le sport les relations l’amour… Bref on peut aller très loin.
    Je pense sincèrement que la réponse est dans l’amour de soi. Oui se faire du bien et bien mangé est essentiel mais notre machine le corps est incroyable (dixit une allergique et intolérante sévère). Il n’a pas besoin de raison pour se purifier ou de moins de sucre pour maigrir. Il a besoin d’être en confiance et pas dans le contrôle. Il a besoin de traverser les peurs pour les remplacer par l’amour et le lâcher prise. Bref je pense qu’il faut que tu écoute ton coeur et ton intuition plus que ta tête et les médias. Il n’y a pas de bonne arythmetique pour l’homme (j’avais d’ailleurs envie d’en parler suite à la folie du régime IG) non il n’y a que des équilibres à adapter dans chaque domaine de vie et à chaque période.
    Je t’envoie de l’amour de Paris pour toi ton corps et ton estime 😉
    Bisoux chocolatés et gourmands

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    1. Je vais commenter ici parce que je suis globalement d’accord avec Olivia, je pense que le souci est la démesure. On dit qu’il faut faire attention au sucre et PAF, ça devient la mode du no sugar. Il y a de nombreuses années on a commencé à diaboliser les graisses et PAF, une myriade de produits low fat sont apparus. Moi je pense que tout est une question d’équilibre et comme dit Olivia d’écoute de soi. Tu as envie de manger du sucre, du gras ou des avocats qui viennent de l’autre bout de la planète : fais-le ! Le tout c’est de ne pas tomber dans la même démesure dans ce sens (que des produits super sucrés, que des produits gras, etc).
      Je pense qu’il faut juste essayer de se détendre 🙂
      (et sinon je ne suis pas d’accord avec Olivia sur la soi-disant « folie » du régime IG, je ne vois aucune folie, je vois beaucoup plus de publications sur le no sugar (qui est une connerie comme tous les trucs extrêmes)).

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    2. Olivia, ton commentaire résume parfaitement ma pensée, et je te remercie d’avoir su l’exprimer aussi clairement !
      Je ne suis pas une ancienne anorexique, je suis une ancienne obèse. Et mes problèmes à moi ont disparu qd j’ai compris qu’il n’y avait pas une solution miracle pour les résoudre. Il m’a fallu accepter de m’écouter, de faire confiance à mes ressentis.
      Et surtout accepter que ce qui est le mieux pour moi aujourd’hui n’est pas le mieux pour tout le monde, et ne sera peut-être plus vrai demain.
      Dans mon cas, avoir un enfant et découvrir que mon corps sait faire des tas de choses sans avoir besoin d’intellectualiser m’a beaucoup aidé aussi ! 🙂

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    3. Oh mais oui, tu as entièrement raison, on vit dans une société où si tu laisses aller, tu es considéré comme un moins que rien, sans ambition et sans caractère. Et oui, la réponse est dans l’amour de soi, mais pour y parvenir, il faut déjà justement s’affranchir de tous les messages véhiculées partout autour de soi. Or, quand on ne s’aime pas physiquement (je me range dans cette catégorie, hein), on a tendance à justement camoufler ça en écoutant tout ce qui se passe autour et en appliquant tout ça, pour essayer de passer au delà. Ca devient finalement un cercle vicieux, parce qu’on ne s’écoute plus, on perd toute conscience de ce qu’est vraiment un corps et de ce dont il a réellement besoin, le nôtre, pas celui du voisin et donc, on s’en éloigne. Et en étant aussi loin de quelque chose qui nous est propre, on peut difficilement l’aimer en retour !
      Mais en tous cas, merci de ton regard bienveillant sur tout ça, j’aime toujours t’entendre parler – ou te lire – de ça, alors merci d’avoir pris le temps de laisser ce commentaire !
      Des tas de bisous aussi.

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  24. Je mangeais une compote industrielle en lisant les derniers commentaire, et j’en ai lâché ma cuillère, en pensant a tout ce sucre, ces arômes artificiels, ces colorants et j’en passe. Pourtant cette compote, je l’aime beaucoup et les compotes, c’est la vie. Mais par exemple, je pourrais tout simplement manger des fruits locaux après tout sauf que j’ai eu la flemme d’aller au marché.
    J’ai eu une boule au ventre en lisant ton article, je me suis sentie mal. Parce que manger devrait être un plaisir et je ne pouvais qu’imaginer toutes ces questions que tu te posais au supermarché, au restaurant et je ne sais pas, peut-être trop d’empathie, je me suis juste sentie mal pour toi. Parce que manger devrait rester un plaisir et non une équation a dix inconnus. Peut-être que juste ça prend du temps pour trouver le paquet de gâteau/pâtes qui répond à tous les critères, je ne sais pas. Peut-etre aussi qu’il faut juste s’écouter, et essayer de faire taire les si, et les questions insidieuses, faire taire le petit démon, et accepter de ne pas tout contrôler.
    C’est lié aussi à une discussion que j’ai eu récemment, une amie qui a changé du tout au tout son équilibre alimentaire parce que cela lui correspond le mieux. Une envie de changer le mien doucement, en achetant bio, organique, de saison; en ne mangeant que de la bonne viande; en essayant de cuisiner avec d’autres huiles, d’autres laits pour voir et non parce que c’est à la mode, pour que cela soit plus savoureux.
    J’ai beaucoup aimé le commentaire de Victoria.
    Bises jolie Camille, encore un bel article et un superbe visuel (tes photos ?)

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    1. Oui, manger devrait être plaisir et c’est ça qui a un peu disparu de mon assiette et c’est qui est terriblement compliqué à retrouver quand on est un peu perdue au milieu de tout ça ! En tous cas, merci pour ton joli commentaire et merci pour les photos (oui, ce sont les miennes) et des bises aussi !

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  25. ce que tu decris là c’est de l’orrhorexie : trier et controler tout ce qu’on mange à l’extreme.
    Depuis quelques temps, le monde (occidental) est tombé sur la tete avec l’alimentation. Il est parti dans les extremes. Les extremes du n’importe quoi aux etas unis (un gateau chocolat-mayonnaise wow trop bonne idée) et les extremes que tu decris sans sucre/gluten/lactose/viandes/poissons qui sera le prochain sur la liste? Il faut se mefier aussi des informations que l’on prend dans les magazines feminins, blogs et livres de certains gourous, bien souvent ils relaient des infos vues par ci par là sans aucune verifications, sans aucune connaissances physio ou autres sur l’alimentation.

    Et au final, ce n’est pas juste une problematique de petit pays riche tout ca? Les enfants qui ont 3 grammes de manioc par jour à bouffer ferait ils la fine bouche si on leur proposait une baguette ou une chipolata? Je doute.

    Il me semble qu’il faudrait que le monde revienne a un equilibre de l’alimentation, sortir des extremes et des comtraintes. Oui j’ai envie de manger ce superbe eclair au chocolat, oui je le fait. Et ma seule pensee sera alors « mmmmmm c’était trop bon ».
    Je ne suis pas vegetarienne, vegetalienne, je mange du gluten, du lactose, du lait, de la viande, du poisson, du quinoa, du soja, du sucre, du miel et je me porte bien ca va merci. On peut manger tout ca sans en abuser, et tomber dans le n’importe quoi.

    Et comme tu le dis si bien dans ton article, je teouve que toutes ces modes font un mal fou aux anorexiques ou anciennes anorexiques. Retomber encore et toujours dans le controle, on perd completement notre belle tradition francaise de plaisir de la table et du partage (sans pour autant faire un repas gargantuesque et déraisonné dans l’autre sens).

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    1. Bien sûr que c’est une problématique de pays riche, et très souvent je me mettrai des baffes aussi pour ça : culpabiliser d’avoir manger du chocolat alors que je pourrais juste le prendre comme une chance de pouvoir assouvir mon envie de chocolat quand je le souhaite. Ou manger une baguette de pain, parce que j’ai la chance de ne pas être coeliaque et tout ça. Mais parfois, on oublie juste un tout petit peu ce qui se passe autour de nous et culpabiliser est plus simple plutôt que faire tout ce cheminement de pensée !
      Merci en tous cas pour ton commentaire !

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  26. J’aime beaucoup, beaucoup, beaucoup ton article. Je termine une thèse d’histoire des sciences sur les nutrition et sur ce que manger veut dire, et je suis extrêmement sensible à ton approche. Je me demande si ces nouvelles lubies, angoisses, régimes exclusifs, etc. – dont je suis moi aussi friande – bref si le fait que les nourritures sont angoissantes, comme tu dis si bien, n’est pas simplement la conséquence que les nourritures sont bel et bien devenues angoissantes et que manger a perdu depuis l’ère de l’élevage, abattage et agriculture industriels à la fois sa simplicité, son évidence, sa frugalité, sa « naturalité ». En bref, je ne pense pas que ce soit toi, ou moi ou les locavores, les végétariens /liens et autres qui ayons perdu notre bon sens, je crois que nous sommes obligés – une fois que nous sommes informés – de développer des efforts déraisonnables, disproportionnés pour nous nourrir en accord avec ce que nous croyons juste, parce que c’est notre monde qui a désappris tout simplement à manger et se nourrir à sa faim, à produire pour manger, bref je crois que ceux qui ont perdu le bon sens et celui de la mesure ce sont les industriels (de l’élevage à l’abattage le conditionnement et la distribution) – pas toi! Ce qui est déprimant c’est qu’aujourd’hui, manger normalement – local, en fonction des saisons, dans le respect du bien-être animal, écologique, etc. – est devenu un acte de résistance, irrationnel pour certains, terroriste pour d’autres…

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  27. Bel article Camille!
    La nutrition est en effet un sujet très vaste, où l’on croise beaucoup de dogmes, de contradictions et de modes. Ça en devient absurde car en croisant tous les paramètres, le seul aliment autorisé serait… L’eau. Et encore.

    En naturopathie, j’ai appris toute la théorie, que je confronte maintenant avec la pratique.

    Et la seule conviction que je ne perds jamais de vue est qu’une alimentation dite saine et responsable ne se mesure pas à la journée. Elle se dessine sur plusieurs semaines, en s’autorisant des variations qui apportent de la souplesse et ne laissent pas la place à la culpabilité. Sinon on devient dingo 😉

    Amicalement,
    Tender Green

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  28. Moi aussi, je commence à faire attention à mon alimentation, pour me sentir mieux, pour que mon corps aille mieux. Mais je pense qu’il ne faut pas enlever le côté plaisir de la bouffe, c’est comme ça que les repas deviennent stressants. Dis-toi que tu es humaine et donc imparfaite, et que si tu as une consommation éclairée des aliments, ce n’est pas parce que tu va manger un mars ou acheter un avocat qui a fait 12 heures d’avion que le monde s’écroulera ou que ton corps va se barrer en sucette. La parcimonie, c’est le secret, sinon tu vas te faire des nœuds au cerveau.

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  29. Raaaaaaah merci ! Enfin quelqu’un qui met les mots sur ce phénomène silencieux qui est partout. Je me dis toujours que la super blogueuse super fitness super healthy qui poste son smoothie sur Instagram a ptêt gloutonné 4 kinder bueno au goûter, ça dédramatise tout de suite le diktat. =)

    Amalia_Okia
    http://conseil-dabeille.blogspot.fr/

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  30. Vaste sujet, et je vois que je suis pas la seule que ça touche ! 😉
    Au delà de tout ce qu’on lit, je crois que le « problème » vient de nous, de notre fonctionnement. J’ai traversé les mêmes troubles que les tiens, cette maladie qui touche souvent les personnalités hypersensibles/un peu extrêmes/perfectionnistes.
    Certains vont prendre ce qui résonne le plus en eux. Le végétarisme par exemple. Mais ils se connaissent, et savent qu’ils ne seront pas heureux sans fromage et vont donc s’autoriser quand ça leur chante un bout de chèvre.
    Alors que nous, on a du mal à faire les choses autrement que complètement, et sans le moindre droit à l’erreur. Difficile de se contenter du végétarisme, on a l’impression de devoir aller au bout de la démarche et ne plus porter que du cuir synthétique.

    Notre société nous pousse vers cet hygiénisme, c’est vrai, mais je crois que le travail doit venir de nous, de l’indulgence qu’on doit acquérir envers nous même.

    Facile à dire tout ça, moi je cherche encore mon chemin. Mais je suis persuadée que c’est le seul moyen de se sentir bien devant son assiette : respecter ses convictions, mais se regarder avec gentillesse, comme on regarde notre meilleure amie/maman/soeur/chat.
    Je vais peut-être un peu loin dans ma psy de comptoir, mais j’ai l’impression que quand tu te proclames très intolérante dans la vie, c’est surtout envers toi que tu l’es. 😉

    Sur ce, je retourne boire mon cocalightpoisonduXXiesiècle.

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  31. J’aime beaucoup ton article. Il tombe à pic parce que je me retroue beaucoup dans tout ce que tu dis. Comment essayer de rêne compte de toute la masse d’information qu’on peut amasser sur la nutrition aujourd’hui sans que ça devienne une obscession. Je me dis aussi que ma vie était plus simple avant que je m’intéresse au sujet de l’alimentation… J’ai commencé par découvrir le courant de l’alimentation antiacné et j’ai cru découvrir une solution un peu miracle. Il suffisait de supprimer tel ou tel aliment pour retrouver une peau de bébé ! Même si c’était contraignant, le jeu en valait la chandelle. Mais en circulant de blogs en blogs, j’ai vu tellement de régimes alimentaires différents, sans lactose, sans produits laitiers du tout sans gluten, puis j’ai découvert les blogs vegan qui m’ont inciter à supprimer la viande. Au début c’était facile de supprimer certaines choses mais il y en avait de plus en plus et ça commence à devenir une grosse contrainte qui commence peut être à tourner au TCA. Je me dis que tout était plus simple quand nos habitudes alimentaires étaient transmises de génération en génération. Même si ce n’était forcément les meilleures, c’est difficile de perdre tous ses repères alimentaires et je crois qu’il fait plusieurs années d’habitude et une bonne dose de rationalité pour ne plus se prendre la tête sur le sujet.
    Après ce long monologue, un peu racontage de vie désolée ^^, je crois que c’est le premier commentaire que je poste sur ton blog que j’ai découvert il y a peu et j’aime beaucoup. J’apprécie beaucoup tes sujets et la façon dont tu raconte ton ressenti à ces propos. J’aimerais beaucoup arriver à faire de même 🙂
    Vivement le prochain post !

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  32. un très bel article et une question interpellante !
    Moi j’ai résolu le problème, je mange ce qui me fait du bien, non pas moralement mais physiquement. Par exemple très peu de produits laitiers pour moi, comment il faut en manger 3 (ou je ne sais plus combien) par jour ! Et bien pas moi, je ne digère pas le lait, rien qu’à l’odeur j’en ai des hauts le coeur, beurk. Pareil avec la viande, non je ne suis pas végétarien, végan ou autre, juste que la viande c’est pas mon truc et ce depuis que je suis toute petite.
    Accros au coca j’en bois maintenant très peu, mais parfois l’envie est là et j’en prend ! Sans culpabiliser et me dire que je vais avoir un cancer (ben oui, c’est du zéro que je bois parce que le sucre c’est pas bon)
    Et au final, avec 80kg pour 1,65m, et un petit bourrelet sur le ventre ben je me sens bien dans ma tête 😉

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  33. C’est un très bel article qui résume bien la cacophonie alimentaire actuelle, de multiples messages où nous ne savons plus où donner de la tête tout en essayant de prendre en compte nos convictions. J’ai étudié la sociologie de l’alimentation, je te conseille le livre de Claude Fischler, L’homnivore, ou les ouvrages de JP Poulain. Parfois, manger à plusieurs à table m’angoisse, dans la mesure que les personnes me posent beaucoup de questions sur l’alimentation, sur ce qui est bon à manger, si l’intolérance au gluten existe vraiment, etc…Les individus oublient malheureusement les dimensions du plaisir ou de la symbolique autour de l’alimentation (plaisir de manger ou le plaisir de partager un repas, même très simple). Manger ce n’est pas uniquement manger des nutriments, et heureusement, sinon s’alimenter deviendrait si triste..

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    1. Je découvre ce blog et cet article me parle beaucoup.

      Avec le végétarisme je suis toujours tiraillée entre des penchants contraires. Manger local (donc souvent avec oeufs et fromage) ou devoir enchaîner plusieurs sessions de courses pour financer des circuits courts et manger végétalien ?

      Amélie, le livre dont tu parles a l’air très intéressant. Est-ce que justement il parle de l’aspect social du repas ? J’ai l’impression que ça joue pour beaucoup dans le plaisir et la satiété.

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  34. Moi, j’aimerais savoir pourquoi, hier encore, dans le miroir, je me trouve tellement énorme que je me dis que je ne mangerai plus jamais rien de ma vie et aujourd’hui, je viens de terminer les délicieux bonbons marocains plein de miel et de gras … Je les ai mangés. Tous. En me disant que c’est mal, que je vais le regretter, que j’ai du mal avec mes vêtements taille 38, que les 36 et 34 ne sont plus qu’un lointain souvenir. Pourquoi je dois manger? Pourquoi je dois me remplir? Je rêve d’avoir une intolérance à la nourriture. Je bénis mon intolérance au lactose même si ça n’est pas celle dont j’aurais rêvé … Pourquoi j’en viens à espérer la prochaine phase de : je ne mange que 3 kiri par jour. Je râle de ne pouvoir contrôler ça. Je râle de me trouver moche, grosse. Je râle. Parce que j’avais un 34-36 il y a 5 ans et que j’aurais pu, comme je me l’avais promis, ne pas reprendre de poids. Je râle parce que c’était là et que maintenant, il faut tout recommencer. Je râle parce qu’en te lisant, je t’envie. Je râle parce que je n’ai aucune envie de me restreindre. JE RÂLE ! J’aimerais avoir un regard plus critique sur ce que je mange. Tu décris un comportement obsessionnel, et moi je t’envie. Moi, je mange sans faim. Pour terminer mon assiette. Je mange parce qu’enfant, j’entendais des « si tu manges, je t’aime plus » d’une grand-mère pour qui la nourriture, c’est sacré. Je mange pour être aimée et au final, j’en viens à me haïr …

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  35. Alors c’est une grande question ça. Je me pose aussi parfois des questions sur ce qui est bon ou pas. Mais ce que je me dis aussi c’est qu’à force de crier au « sans » (-gluten, -lactose, -sucre, …) on devient de plus en plus allergique. J’explique ma pensée, si tu arrêtes de manger du gluten et qu’un jour malheureusement tu en manges tu vas peut être moins le tolérer ton corps n’y étant plus habitué et du coup tu pourras manger de moins en moins de chose.

    J’essaye de faire beaucoup par moi-meme mon pain, mes yaourts, ds gateaux, … mais je mange aussi du sucre, du miel, de sucre brun, … et je bois aussi du lait d’amandes, de coco, de soja mais aussi du lait de vache.

    La seule chose qui est mauvaise pour nous c’est l’excès. Manger un morceau de tarte c’est pas mauvais mais manger une tarte c’est pas bon.

    Voila c’est mon avis et c’est ma façon de vivre.

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  36. Chouette article. C’est intéressant d’avoir l’avis de quelqu’un qui était végétarien avant que ce soit la mode. Je n’ai pas trop d’avis sur ce que je mange (tant que c’est de saison), je crois que je ressemble beaucoup à tes collègues qui ne se posent pas beaucoup de questions sur leur nourriture…
    Bref, je ne sais pas pourquoi c’est devenu si compliqué de bien manger. Pourquoi c’est devenu tellement prise de tête. Peut-être parce qu’on s’est trop éloigné de la « fabrication » de ce que l’on mange pendant trop longtemps. Qu’on a oublié comment poussaient les tomates et comment notre steak haché atterrissait dans notre burger stylisé ?
    Et du coup, ça nous angoisse ?
    (mais comme mes voisins gavaient des canards quand j’étais petite – et que je l’ai déjà vu faire – je reste complètement hermétique à la tendance healthy – ou alors je suis cruelle, qui sait ?)

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  37. Comme toi j’ai longtemps fait attention. Je suis végétarienne et ne mange pas de lait de vache depuis des années car je ne le tolère tout simplement pas.
    J’essaye de manger plus local mais je n’en fais pas une contrainte. De même pour le sucre, les farines, etc…
    Je crois sincèrement que l’alimentation c’est comme la religion, ou l’amour. C’est quelque chose d’assez intime qu’il ne faut pas devoir justifier. Peut-être expliquer mais jamais justifier.
    Mais je pense plus que tout qu’il ne faut pas se mettre trop de limite ou se priver de plaisirs simples (la ricotta, les tartes) par principe ou pire, par mode.
    La vie quotidienne est déjà pleine de contraintes et à tout contrôler on « redevient » malade. Ca se voir moins mais c’est peut-être encore plus mesquin.
    Comme dirait ma belle-mère « la vie est courte et tu ne veux pas que sur ta tombe il y ait écrit ‘dommage’. »
    Ce n’est surement pas une part de tarte qui va faire que tout d’un coup tes ongles vont redevenir mous… Tout est une question d’équilibre, comme souvent dans la vie.

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  38. Dis donc…. La bouffe, ça fait toujours réagir !
    Il faut sortir du positif de tout ça : c’est toujours bien de remettre les choses en question. Les industries veulent nous gaver de cochonneries. Alors OUI, se prendre la tête parfois, c’est sain.
    Le plus dur dans l’histoire, c’est de ne pas culpabiliser. On a tellement de choix dans les supermarchés que notre corps et notre cerveau ne font plus la différence entre ce qui est bon, et ce qui ne l’est pas.
    Comme par exemple, les herbivores qui évitent naturellement les herbes toxiques pour eux. Nous ne sommes pas (plus ?) pourvus des mêmes mécanismes.

    Alors il faut les réapprendre. Tout simplement … Tester les choses, et voir ce qui nous convient. Il n’existe pas UNE bonne alimentation pour tout le monde. Il y a autant de mode d’alimentation que d’organismes sur terre !

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  39. Salut Camille 🙂

    Je trouve au contraire ton article très sensé ! Je m’interroge sur les questions alimentaires depuis longtemps par passion et parce que c’est mon métier (journaliste spécialisée santé) et très vite j’ai compris qu’il ne fallait pas se prendre la tête plus que de raison sous peine de devenir fous 🙂
    Alors ce que je dirais c’est qu’il faut s’y intéresser tout en ayant du recul et un mental assez solide pour ne faire que ce que l’on a envie. J’ai été végétalienne, végétarienne, vegan, crudivore et j’en passe et aujourd’hui je suis juste moi, un mélange de tout et surtout je fais ce que je veux comme j’ai envie avec de la santé et surtout du plaisir. Si tu veux lire ce que j’avais écrit sur le sujet :

    http://ca-se-saurait.fr/2013/08/23/orthorexie-et-compagnie/

    http://ca-se-saurait.fr/2014/06/20/peut-on-vraiment-se-faire-un-avis/

    Une grosse bise et surtout, surtout n’oublie pas de profiter 🙂

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  40. Hello 🙂

    J’avoue, qu’on est vraiment surchargé d’informations en ce moment ! Entre la télé, les blogs, les magazines santé et j’en passe on ne sait plus trop ce qui est bon et ce qui ne l’est pas. Comme tu le dis dans ton article, on peut en arriver après avoir fait mille et une recherches à envier les gens qui sont restés dans l’indifférence et qui mange un peu près tout et n’importe quoi quand ils le veulent.
    Je trouve ton article intéressant et il permet vraiment de faire passer un message – surtout en ce moment – : L’IMPORTANT c’est de manger équilibré et sain et SURTOUT sans se frustrer et se prendre la tête. Je prendrais pour exemple ta maman, qui durant ton enfance comme tu le dis plus haut, t’as bien appris les règles de base d’une bonne alimentation, puisque les repas se composaient aussi bien de légumes que de viande, que de produits laitiers etc… ET sans oublié de se faire plaisir avec des hot dog le vendredi soir 😉
    Se prendre la tête et s’en vouloir après avoir craqué sur une part de gâteaux par exemple augmente le risque de grossir, puisque cela provoque un stress et le stress c’est connu, CA FAIT GROSSIR !
    Il n’y a pas de mal à se faire plaisir de temps en temps. Bien sûr en vieillissant, on a tendance à prendre plus vite que lorsqu’on est jeune, alors on passe d’un hot dog par semaine à un tous les 15 jours 🙂 ou bien on se fait plaisir le matin au petit déjeuner sans avoir de remord !
    « Le remord de conscience est le résultat d’une indigestion morale »Jean Louis Auguste Commerson

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  41. EVIDEMMENT c’est encore un article qui me touche et me parle (et tu vas finir dans ma sélection de la semaine d’ailleurs).

    Depuis quelques années, je ne suis plus la végétarienne qui pensait qu’un végétalien mettait de côté des oeufs juste à cause de leur origine animale. (cf les poussins écrabouillés) C’est un exemple parmi beaucoup de choses que j’ai apprises, non sans tristesse parfois. J’aspire au végétalisme, mais j’ai toujours du fromage et des oeufs dans mon frigo. Pas toujours, mais souvent. Je me dis souvent que le pain, je devrais un peu freiner là dessus, et mon poids en hausse depuis deux ans me chagrine (mais ne m’empêche pas de manger du chocolat).

    Mais ce qui me rend le plus « triste » en fait, c’est quand je me rends compte que j’intellectualise trop un repas parfois. Une fringale. Une envie. Que mon côté healthy freak (et encore, je ne me considère pas extrême du tout en fait) m’empêche de profiter de certains écarts. Mais bon, au fond ça va, c’est juste que parfois je ne sais plus quoi/quand/comment manger, et du coup, ça rejoint assez bien ton propos je crois bien.

    Je n’apporte rien de plus à cet édifice d’idées et de pensées, mais voilà, fallait quand même que j’écrive un mot. Bisou.

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  42. Ah la la la la la la ! On dirait moi quand je fais les courses… Du coup je déteste faire les courses, je déteste aller au supermarché (je n’y vais plus que pour le papier toilettes et les boites pour chats) et faire les courses est un calvaire, un enfer, une torture car je sais que je vais passer mon temps à lire les étiquettes dt me faire des noeuds au cerveau pour savoir si tel produit contient de l’huile de palme ou s’il y a plus de glucides que de lipides et j’en passe. Et je ne parle pas de la viande que je n’arrive même plus à acheter au grand désespoir du gnome et de son géniteur…
    Je crois que c’est devenu difficile à partir du moment où j’ai pris conscience que tout ce qu’on mangeait c’était de la cochonnerie et que si on voulait manger sain il fallait faire des efforts au debut et puis finalement après ça vient tout seul. Bon je dis pas que de temps en temps, on craque pas un peu et on mange n’importe quoi, mais bon, faut bien laisser le cerveau se reposer !

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  43. Je trouve ton article très intéressant, un poil alarmant et très humble.
    Moi, j’ai eu un peu la même éducation alimentaire que toi, à la différence près peut-être que je ne prenais pas particulièrement de plaisir à me nourir. Non pas que j’aie un problèle avec la nourriture, sa provenance ou mon poid. Non, manger était un acte vital : pour vivre il faut manger. Pas de gourmandise, pas d’envies particulières, pas de lubie pour tel ou tel aliment ou goût.
    Et puis en vieillissant, c’est arrivé. Pas la gourmandise. Mais le plaisir. Le plaisir de manger, de partager, de découvrir des saveurs. Assouvir ma faim, ce besoin vital, mais avec des saveurs qui me font chavirer. Parfois en quantité normale. Parfois un peu trop peut-être…

    Je ne sais pas ce que c’est que de lier la nourriture avec des problèmes de poids. Et je ne sais pas non plus ce que c’est que de calculer son alimentation toute entière pour soit disant mieux consommer, mieux manger.
    Je ne pose pas la question parce que je suis en bonne santé je pense. Aussi parce que je ne suis qu’un individualiste de merde qui ne pense pas à son prochain ni à l’avenir de cette planète.

    Enfin, je suis un peu dure avec moi-même, car je commence à y penser, à tout ça.
    Moi, je crois que pour notre santé, de manière générale, les efforts principaux à fournir sont ailleurs que de bouffer des graines ou moins de sucre.
    C’est important, tu as raison. C’est louable et puis courageux aussi.

    Mais est-ce vraiment ça, mieux manger ?
    Je veux dire, les blogs, les livres de babos, tout ça… Est ce que ces gens ont raison. Est-ce que tous les aliments que tu t’interdis aujourd’hui sont-ils vraiment à ce point mauvais pour la santé ?
    Je pense que tes recherches ont été complètes, alors je serai intéressée par les avis des médecins que tu as consultés. Non pas qu’ils détegnent la vérité vraie, mais quand même. Est ce que tout ça a de réels effets positifs sur ta santé ? Est ce que ces privations te confortent elles vraiment dans tes convictions ?

    C’est un débat compliqué… J’admire tes efforts pour mieux manger et mieux consommé. Mais tant de contraintes mon Dieu ! Je ne sais pas si je peux tolérer des principes qui nous privent de tant de joies. Pour finir, je pense que dans la vie, quand quelque chose, n’importe quoi d’ailleurs, devient une contrainte, alors c’est que le chemin emprunté n’est pas forcément le bon…

    Bisous ma belle

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  44. Merci pour cet article qui me parle beaucoup. J’ai également souffert de longues années d’anorexie : comme toi, « cette expérience » m’a beaucoup changée : quand on semble ne plus souffrir de cette maladie, comment retrouver un rapport sain à la nourriture sans être encore « victime » de TCA?
    Je suis aussi devenue végétarienne, végétalienne et entre temps j’ai essayé pas mal de choses: régime alimentaire sans gluten, dairy free, paléo, le tout protéiné, les journées detox, le tout smoothie, la mono-diète etc. Lassée, j’ai peu à peu lâché prise tout en continuant à faire attention. Sans trop me prendre la tête. Me tenir informée de l’actualité « culinaire », sans m’imposer aucune règle. Ecouter mon corps et ce dont il a envie sans me laisser aller. Aujourd’hui, je suis enceinte: j’avais si peur de tous ces kilos de grossesse. Et bien, c’est comme une révélation. Sans aucune restriction, j’ai pris 6,5 kilos en 7 mois. La balance continue à grimper doucement mais je n’ai pas peur. J’écoute mon corps et il me le rend bien. J’ai repris la viande : il me le demandait, je l’ai suivi. Je mange de tout, en quantité variable, c’est mon corps qui me dit stop. Je n’aurai jamais pensé que ça pouvait être simple. Quand j’ai vu arriver le nouveau phénomène no sugar, bien sûr j’ai été tentée. Mais justement non, je ne voulais pas céder et imposer un nouveau diktat à mon corps. Manger du sucre, c’est aussi du plaisir du moment qu’on ne tombe pas dans l’orgie et la compulsion. Je ne sais pas si on sort un jour vraiment des TCA. Je trouve bien dommage d’avoir perdu toutes ces années à me poser autant de questions alors qu’il semblerait qu’une solution ça soit d’essayer d’avoir moins peur de soi-même, faire confiance à son corps et de l’écouter.

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  45. Coucou Camille !

    D’abord j’ai adoré lire ton article ! Tu touches du doigt des réflexions que l’on est nombreuses à se faire !

    Je trouve ça bien qu’il y ait une prise de conscience de plus en plus générale sur notre manière de manger, sur les animaux, sur le sucre, sur la protection de l’environnement etc …
    J’ai aussi beaucoup lu avant de changer d’alimentation (vegan, sans gluten, sans aliments raffinés) et comprendre ce qu’il se passe réellement dans les coulisses de l’industrie alimentaire, ça m’a ouvert l’esprit et ça m’a permis de faire des choix en connaissance de cause. Et depuis que je fais ces choix, je me sens mieux et plus épanouie.

    Je ne vis pas tout ça comme une contrainte, au contraire, je suis plus heureuse depuis que je suis fidèle à mes valeurs dans ma vie quotidienne ! Ce qu’il faut simplement retenir c’est que personne n’est parfait : nous sommes humains, nous avons tous nos faiblesses et l’essentiel, c’est de faire de son mieux, d’écouter son coeur et de se sentir épanouie !

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  46. Merci merci merci pour cet article.
    Ca me trotte dans la tête aussi depuis un moment, ça m’embête et ça m’angoisse. J’ai besoin de recul et ton article m’a aidée à mettre des mots sur ce que je ressentais. Pour ça : love.
    Pour ton blog aussi que je découvre et que j’aime déjà très fort. <3

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  47. Alors moi c’est le contraire , je mange de la viande , du gras , du sucré et du salé . J’achète pas Bio et pas vraiment local .
    Mais je commence a beaucoup cuisiner maison . Les magasin bio vers chez moi sont plus chère que les autres , et pour moi ça compte car j’ai un micro budget courses .
    Pour ce qui est du local c’est un peut pareil . Payer un panier pour faire une ratatouille 15€20 pour 3-4kg . Alors que dans mon supermarché même si je prend que des légume France j’en ai pour environ 10€ …..
    Tu trouve surement sa débile de privilégier le prix ,

    En plus je me suis déjà fait avoir avec leurs panier :un panier de fruits et légumes de saison et local 16€20 les 3-4kg , il n’y avais presque rien dedans , enfin il semblait vide )

    Donc pour le moment je ne me prend pas la tête , je fait attention a ce que je mange quand même WW oblige un peu mais sans culpabiliser pour mes tartine de nutella ^^

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  48. Bonjour,

    Je comprends tout à fait ton questionnement. J’ai été également anorexique et boulimique. Je suis végétalienne depuis janvier 2015 et végée depuis décembre 2014. Actuellement vegan. Ma « philosophie » de vie actuelle est de me dire que j’apprécie énormément ce que je mange et que j’ai désormais et pour la première fois du plaisir à cuisiner avec plein de couleurs .

    Je m’intéresse pareillement beaucoup à l’alimentation au niveau de la santé et suis heureuse de connaître un petit peu la notion d’indice glycémique.

    Cependant, pour ma part, je ne me pose pas plus de questions que celles ci : éthique, équilibre, cuisine, écologie et j’essaie de mener mon quotidien en me faisant plaisir ( je ne bannis pas le sucre^^ sauf le blanc parce qu’il me dégoûte ) sans vérifier sans arrêt toutes les provenances ou être de trop (car ça me passionne^^) à l’affût des nouvelles infos sur l’alimentation .

    Je pense que trop d’informations tue l’information et crée de mauvaises voies (intox).

    Voilà , je ne sais pas si ce que j’ai écris est clair mais je voulais répondre à ton article très intéressant. Je résumerais en : Ne te prend pas la tête, mange/vie comme tu l’aime et dans le respect des animaux; et pour le sucré fais toi plaisir !

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  49. Je ne suis qu’au début de ma prise de conscience alimentaire donc je ne ressens pas encore aussi fort ces questionnements. Par contre, je suis très informée sur l’éducation positive et la, je me retrouve complètement dans ce que tu dis : je passe mes journées à me questionner sur comment formuler telle demande, est-ce que jeduque bien mes filles ? A me culpabiliser quand j’ai crié, que ça va leur griller des neurones 🙂 ! A me disputer avec mon mari qui crie sur elles !
    Alors souvent, oui, je préférerais ne pas être « tombée » dans tout ça ! Bienheureux les simples d’esprit…

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  50. Merci.. MERCI!
    Merci de mettre des mots sur ce qui semble être la nouvelle maladie du Healthy, l’orthorexie ou peut importe quel nom alambiqué on lui donne. Le fait est que ça me rassure de vivre comme ça, de savoir, de ne plus fermer les yeux. Ça peut m’éloigner parfois des soirées Pizza, certes, mais c’est mon choix, je l’assume pleinement. Et je n’ai que des amis dans mon entourage proche qui ne font « pas attention ». Parfois on me fait une tarte au citron meringuée, ma Madeleine de Proust. c’est non sans une certaine hésitation que je m’y attaque. C’est du sucre blanc, raffiné…
    Te culpabilise pas me dit ma mère, elle-même qui me demandait si je voulais vraiment me resservir une deuxième fois du gratin au Mont d’Or quand j’étais petite. Danseuse classique, « trop boudin » pour en faire mon métier, « fais attention tu tiens du côté de la famille où… » On est matraqués, et me plonger dans le sain à tout prix me rassure complètement et me permet de m’assurer un contrôle presque total de mon alimentation. C’est probablement maladif, qui sait, mais pas autant que de boire des litres de Coca ou de manger du Macdo. Ce n’est simplement pas encore tout à fait rentré dans les mœurs.
    Non je ne fais pas « trop de sport », non « mon poids ne m’inquiète pas », oui j’ai toujours du plaisir à manger. Est-ce que les autres se posent la question? Dis, le poulet aux hormones, tu aimes? Sinon les pesticides ça va tu satures pas trop? Et le paquet de clope par jour alors?
    Chacun son truc, cela n’a de maladif que l’image que les autres veulent te renvoyer de toi-même. Parfois je suis à la limite de…ce que les autres peuvent supporter (je supporte bien mieux qu’eux d’être obnubilée) , alors je me détends, je contrôle moins, soirée entre copains… Je cuisine! J’essaie de faire plaisir à tout le monde, oui y’a du soja dans le chili sin Carne mais bon, au moins il est Vegan c’est déjà ça… Chez moi je contrôle l’assiette, je sais qu’elle est bio, saine, crue.. et que je n’ai de compte à rendre à personne, si ce n’est qu’à moi-même et à mon appétit!
    You are what you Eat. Et puis la médecine… Que la nourriture soit ton médicament, et ton médicament la nourriture.. Qui a dit ça, déjà? Hippocrate, non? Bon. Alors, laissez-moi manger mes salades crues, si ça me rend heureuse.

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  51. J’ai écrit un article il y’a peu sur mon rapport à la nourriture, je suis boulimique parce que même si c’est fini, on en garde quand même des traces …

    Je ne me suis jamais posée de questions, je n’ai jamais lu les étiquettes, je n’ai jamais fait de régimes et JAMAIS je n’arrêterais de manger mon petit dessert sucré ou le gâteau sympa en passant devant la pâtisserie.

    Il est temps aujourd’hui d’arrêter de croire que manger « sainement » va faire de nous des personnes en bonne santé toute notre vie, bien au contraire se surprotéger culinairement n’est pas bon !
    Il faut lâcher prise, profiter de la vie après tout on en a qu’une et on peut passer à la trappe du jour au lendemain, c’est rude ce que j’écris mais c’est la vérité.

    Perso, j’ai décidé de manger comme j’ai envie parce que je fais quand même attention sans le vouloir, je n’aime pas la viande rouge, la charcuterie, les pâtes, le riz mais j’aime mon chocolat, mes pâtisseries, les légumes, le poisson, les fruits et le fromage.
    Je ne me prive pas et je fais du sport et tant pis si j’ai mes petits bourrelets, je ne veux pas regretter demain de ne pas avoir profiter de ma vie culinaire ! Tant que je m’habille encore chez Zara, tout va !

    Lâche-prise, accepte et fais toi plaisir !

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  52. Un article qui me parle beaucoup!
    Depuis deux ans, comme plein de gens, je m’intéresse beaucoup à l’alimentation. Je suis devenue végétarienne, ce qui m’a fait un bien fou et ce qui s’accordait enfin parfaitement avec mes convictions, mais le problème, c’est que je ne me suis pas arrêtée là. J’ai continué à lire, me renseigner, m’informer et bon, une fois qu’on sait… on sait. Et c’est dur de continuer à manger normalement sans se poser mille questions sur « est-ce bon pour la santé, d’où vient ce fruit, est-il bio, vaudrait-mieux prendre une farine complète, le pain blanc c’est mal, je devrais arrêter le gluten, du sucre blanc mon dieu quel malheur, blabla ». Oui, ça devenait un peu compliqué et pénible.
    Alors dernièrement, j’ai lâché du lest, j’essaye de moins me prendre la tête sur chaque aliment, chaque ingrédient, sinon on y passe des heures et on devient dingue et comme tu le dis, la nourriture devient une angoisse, ce qui est dommage! 🙂

    Célestine

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  53. Moi qui ne me distingue pas d’habitude pas ma sensibilité, j’ai presque pleuré. Oui, presque. Ton article est magnifique et je m’y reconnais à 400% (peut-être même 500).
    Merci d’avoir mis des mots sur ce quotidien qui agite nos neurones alors que la plupart des gens ne se posent aucune question. Qui nous fait nous sentir comme un extraterrestre au milieu de qui pense que le maca est un arôme du café et spirulîne le dernier prénom à la mode.
    Je pense que je vais le partager à mes proches, pour mettre des mots sur ce comportement qu’ils ne comprennent pas forcément.
    Bref, merci.

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  54. Bonjour Camille,

    Je ne commente jamais car ça n’est pas « naturel » chez moi, je me contente de lire en toute discrétion et de réagir avec moi même: ça tombe bien, je suis toujours d’accord avec moi ;-). Pourtant je te suis depuis un petit moment maintenant et j’adore ton univers et surtout ton humour. L’humour c’est la vie ;-).
    Le déclic s’est fait aujourd’hui car j’ai été touchée. Je savais que tu avais été anorexique et cela me fait toujours un peu de peine, ayant connu des personnes touchées par cette maladie (car c’en est une). Je me dis souvent « quel gâchis »… C’est tellement triste, je trouve.
    Pour la première fois (il me semble) tu en parles vraiment sans filtre et j’arrive un peu à comprendre comment on peut en arriver là même en ayant eu une bonne « éducation alimentaire » (nous avons eu la même il semblerait).
    Je n’ai jamais eu de troubles alimentaires mais ai toujours fait (plus ou moins) attention. A mettre le moins de matières grasses possible dans mes préparations par exemple. Sans aller à l’encontre de ma gourmandise pour autant :-). La pâtisserie, c’est la vie! Pourquoi on ne peut pas se nourrir que de ça? 🙁

    Je ne me suis jamais sentie concernée (certains crieront au scandale mais après tout: chacun son truc) par le végétarisme et encore moins le végétalisme. Mais, bien entendu, je n’empêche personne de suivre ces « mouvements », tant qu’on ne m’oblige pas à faire un plat de substitution que je n’aurais pas envie de manger moi même. Car, manger (et cuisiner) ça doit rester un plaisir (même si je le vois comme une « obligation » le plus souvent ^_^). Néanmoins, je m’intéresse quand même de loin à ces pratiques pour m’informer, ne pas mourir bête. Je me suis intéressée aussi au « sans sucre », mais vu mon addiction (toute mesurée quand même) aux gâteaux j’ai vite vu que ça n’allait pas être possible. Limiter pourquoi pas mais éliminer ça n’est pas possible (ou trop coûteux à l’usage). Et tampis pour ma peau qui en subit les conséquences.
    En fait, je ne peux suivre aucun mouvement, aucun régime: ça m’emm*rde terriblement de tout contrôler (glucides, lipides…: j’y connais rien en +). Ca m’en couperait la faim.
    Je me contente donc de continuer à manger le plus sainement possible et, si j’ai envie d’un truc sucré ou gras, tant que c’est 1 fois de temps en temps et bien je craque! A savoir que je ne fais pas 12 heures de sport par semaine comme toi (j’ai bien compris que c’était +/- exagéré mais tu en fais beaucoup qd même), je n’en fais même pas 12 par an… Ca aussi: pas mon truc. Je suis molle ok, mais de corpulence plus que correcte pour quelqu’un qui ne se tue pas à l’effort :). Ca durera ce que ça durera…

    Je trouve qu’il y a effectivement un peu trop de pression (surtout en ce moment avec toutes ces « tendances ») au sujet de l’alimentation, on perd en spontanéité et c’est bien dommage. Lutter contre l’obésité, (ré)apprendre les bonnes habitudes alimentaires à certains ça je suis d’accord en revanche. C’est même primordial, c’est une question de santé. Mais interdire, culpabiliser les gens en prônant le sans gluten, le sans sucre, le sans lactose: là ça me dérange.

    Voilà voilà pour ma participation au débat un peu longue désolée (mais je ne suis pas la seule, ça me rassure)…
    (moi aussi j’aime les parenthèses on dirait haha)

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  55. Je découvre ton blog via cet article
    Qui me parle comme à tous les autres au dessus de manière assez troublante. Je m’intéresse énormément à la nutrition et suis vegan par éthique et par politique, je me réjouie au contraire de cette « mode » du « manger sain » qui dérange tellement car elle interroge les gens sur leur alimentation, chose dont ils n ont pas forcément l’habitude à ce sujet. Je trouve ça positif que l’on remette en question l’industrie et la transformation des matières premières qui a atteint un tel niveau de folie que l on s empoisonne la santé tout simplement en mangeant ce que l’on nous donne.

    Pour ma part j envie un peu aussi ceux qui ne se pose pas de question car ça évite la culpabilisation cela étant les excès n’étant pas bon dans les deux sens il est important de trouver un vrai équilibre et de ne pas vouloir faire toujours plus sain que son voisin 🙂
    Ayant moi même vécut des TCA (boulimie), et me battant encore avec de manière épisodique, le manger sain m apporte de la paix mentale, me permet de ne plus autant culpabiliser, d être bienveillante avec mon corps que j’ai pris l’habitude de maltraiter par le passé. Évidement il n y a qu un pas vers l orthorexie, mais il faut accepter de ne pas être parfaite, de se laisser aller au pain au chocolat si ça nous chante (aux pâtisseries vegan de mon côté ), de prendre un supplément de frite avec sa salade parce que voilà la notion de plaisir et de partage social dans le fait de manger ne doit pas être désolidarisée de l’action.

    Je comprends la pollution mentale que peut devenir l action de manger, je sais que dans mon cas j’y pense constament (et qu est ce que je vais manger à midi,
    Et ce soir, et tient je mangerai bien ces gâteaux mais non en faite je ne vais pas le faire parce que ci ou ça…), je lis aussi énormément (de blogs surtout mais aussi des livres chiants^^) mais ce qui revient pour moi au bout du bout c’est aussi la question de la prévention de la santé par l’alimentation, on est ce que l’on mange, et un nombre incalculable de maladies peuvent être évitées par un régime équilibrés et pauvre en matières transformées.

    Tout ce pavé pour te dire que je me soigne aussi de cette course du « healthy » mais que je me garde bien de lui jeter des cailloux enflammés, me réjouissant pour mon prochain des prochains gueuletons vegan-sans gluglu-sans sucre que l on pourra bientôt proposer à la fête des voisins <3

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  56. Ah merci pour cet article, vraiment. Je suis donc pas la seule à me poser mille et une questions avant de passer à table… D’un côté t’as toujours envie d’en savoir plus sur l’alimentation pour ta santé ect… mais de l’autre parfois on aimerait bien oublier tout ce qu’on a apprit comme tu le dis, parce qu’on arrive parfois à en oublier le vrai plaisir de manger. Je fais un effort depuis quelques temps mais c’est dur de pas culpabiliser dès que tu touches à un gâteau bien industriel 🙁
    Des bisous! 🙂

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  57. Coucou, je pense que tu n’es pas la seule dans ce cas là malheureusement, et que le problème vient surtout du nombre incalculables de posts à ce sujet, (j’entends des posts non professionnels), il est normal de ne plus trop savoir que croire, ou alors croire tout ce qu’on lit, il faut dire que c’est parfois écrit comme si c’était une institution alors que c’est l’avis et l’expérience d’une personne… C’est pour ça qu’il vaut toujours mieux prendre du recul sur ce que l’on peut lire sur internet ! J’espère que tu trouveras ton équilibre !

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  58. Génialissime ton article, j’ai ris aux larmes en te lisant. Je me reconnais tellement dans ce que tu dis.
    Une chose est certaine de notre amie Ana on devient l’orthorexique (tiens c’est français ça). A 14 ans je suis devenu anorexique et donc j’ai supprimé la viande et petit à petit toutes les autres choses qui nourrissent. 20 ans après je ne mange tj pas de viande mais « je suis guérie ». Ton article tombe à pic, dans un monde devenu fou. Je viens de lire tous les commentaires et je me sens moins seule. Je ne vois pas ce que je pourrais ajouter de plus sauf une chose, l’industrie agro-alimentaire est rentrée corps et âme dans les produits « bio » donc ce que prônent tous les gurus du bien vivre, méfiance. Même les médecins se contredisent…
    J’ai eu la chance de passer mon enfance dans une ferme où j’ai gouté les produits vraiment bio, sans additifs (sauf ceux très naturels comme le sel par exemple), le pain frais sorti du four, avec de la confiture faite maison (horreur avec du sucre). Les œufs ramassés par ma tante tous les matins. Ces goûts là je ne les retrouve plus 

    En tous les cas merci pour l’article plein d’humour et de bon sens.

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  59. Forcément quand on aime manger et qu’on a un blog de bouffe on s’intéresse à l’alimentation, je sens que je bascule souvent du côté obscur de la force en me surinformant. Et mon combat avec mon poids n’aide pas. Mais j’apprends à relâcher la pression que je me mets toute seule et à lâcher prise. Et oui la mindfullness c’est très bien. Mon mari m’y a initié lors d’un we avec ces collègues psy et j’ai bien accroché même si je ne pratique pas assez. Des bisous

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  60. Evidemment, il est encore trop bien de bien, cet article Camille. Moi je suis tombée dans le végé-healthy-sans-beurre-et-sans-reproches en même temps que dans l’anorexie, pas après. Et c’est maintenant, maintenant que je vais mieux, que je ne m’en veux pas de tout ça. J’adore créer des recettes « sans ». Mais j’ai besoin de ne pas être dans un courant culinaire précis, j’ai besoin de manger de tout, au quotidien, même si viande et poisson sont (vraiment vraiment) archi rares au menu. (Mais quand même. De temps en temps. J’ai besoin, voilà.) J’ai réappris à aimer ça. A trouver l’équilibre. A ne pas juger les autres et encore moins moi-même. C’est une tâche ardue. Mais BON SANG que la vie est plus douce quand on parvient à « manger cool ».
    J’adore quand tu dis que tu envies ceux qui ne se prennent jamais la tête à ce propos. Je le ressens tellement, de plus en plus.
    Bref, je raconte ma vie. Et c’est sans doute inutile. Mais bon, moi ça m’a fait du bien en te lisant de me sentir moins seule, alors voilà, je me dis que ça te fera peut-être du bien d’avoir PLEIN de commentaires de filles comme moi qui te disent, Mais grave, Mais carrément, Pareil, Copine, F*ing yes, Trouvons l’équilibre alimentaire en le perdant un peu.
    Bisous anxiolytiques.

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  61. Je me reconnais beaucoup dans tes propos. A cause du stress, je fais des compulsions alimentaires depuis deux ans (deux ans de prépa littéraire), et j’engouffre tout ce qui me passe sous la main, avec une fâcheuse tendance à craquer sur des gâteaux industriels qui traînent à la maison (je vis chez mes parents). Je m’en veux, pour tout ça, parce que je sais, et parce que ça détruit ma ligne. C’est un peu l’opposé d’il y a deux ans; je pense que je basculais vers l’orthorexie (j’avais peur, peur de manger des produits raffinés industriels, trop sucrée, trop gras etc…). Je suis végétarienne depuis bientôt trois ans, j’en suis fière, ça me tient à cœur, et je tente de passer au véganisme en ce moment.
    J’en arrive parfois à être stressée et angoissée de réfléchir à comment je vais faire pour prendre en compte tous les facteurs néfastes pour la planète, pour moi, qui constituent la production de ma nourriture, alors j’essaye de me dire que tant pis. Mais c’est difficile. C’est pareil avec le véganisme et tous les produits que je consomme, vêtements, cosmétiques, etc… participent-ils de la souffrance des animaux? C’est difficile d’ignorer tout ce que l’on sait, et j’ai tellement peur que ça m’obnubile que j’essaye de laisser couler, de ne pas y faire attention dès que ça mangoisse…
    Mais j’aime ça aussi, j’aime cet aspect de ma personne qui fait attention à la planète, à son impact sur cette si belle planète.

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  62. Bonjour!
    Comme je te comprends. Et surtout sur la partie sociale. Les girls au bureau, qui font des régimes en mangeant de tonnes de protéines carnés…. Comment te dire? Déjà tu fais n’imp’ parce que ton corps prend plein d’acidité dans la tronche, et qu’on ne peut pas devenir monomaniaque de la tranche de jambon, et puis parce que ton régime, ben ça induit de la souffrance chez les animaux….
    Évidemment, je ne dis rien, parce que quand je dis : on me regarde comme dans le livre « La femme parfaite est une connasse », tu vois l’genre. Parce qu’elles ont bien compris qu’au fond, je ne dis pas de conneries, du tout. Mais j’ai des idées de bobo illuminée qu’on me répond : Rhhhoooo toi avec tes lubies!!!!
    Ouais, je sais pas. Sans compter le scrutage de la gamelle : « Alors tu nous as amené quoi de bizarre encore aujourd’hui! »
    Et pourtant, tout ceci est parti aussi d’années de régimes à outrance avec dérèglement alimentaire, plus d’une intolérance légère au lactose, qui t’amène à te dire, il va falloir que je mange à nouveau, mais en ayant conscience de ce que je fais pour me rassurer et ré-apprivoiser la bouffe. Et parfois, oui, cette sensation étrange que je me prends beaucoup la tête.
    Bonne réflexion à toi.
    Nini

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  63. Merci.
    Je ne me suis jamais sentie aussi comprise. J’ai l’impression que tu es moi!! et que je ne suis pas si dingue, ou du moins pas la seule!

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  64. Bonsoir Camille !
    Tout d’abord je te félicite pour ton article.
    Comme je te comprends…..
    En effet, nous avons beaucoup de points en communs : la nostalgie de la nourriture consommée pendant l’enfance et les TCA.
    Je trouve aussi que c’est devenu difficile de (bien) manger.

    C’est vrai que quand nous étions enfant, nous mangions sans nous soucier des calories, des vitamines apportées, de la provenance, des IGP, j’en passe et des meilleurs. Mais finalement cela faisait peut-être tout simplement des avantages et du bonheur de cet âge.

    Et puis on a grandi, notre corps nous a fait comprendre que nous mangions trop et/ ou mal en arborant une magnifique peau d’orange confortable installée et qui nous complexe tant à cause de miroir de la société.

    Les médias nous ont d’abord informés jusqu’à finalement nous harceler pour finalement nous faire culpabiliser à chaque bouchée.

    Cependant, même si il y a une part de vérité dans tout cela, j’ai trouvé un juste milieu afin que mon plaisir et ma conscience soient tous deux conservés: la semaine je fais attention en mangeant équilibré, pas trop gras, pas trop sucré ni trop salé (merci la TV) afin d’avoir les apports nutritionnels dont j’ai besoin en l’adaptant à mes envies, aux circonstances et à mes activités.

    Par exemple, pendant les examens, j’avais relativement envie de manger des choses grasses, sucrées à cause du stress. Situation classique. Finalement, j’alternais les jours où je déjeunais un bon gros sandwich au pain blanc avec du beurre de cacahuète (oui mais bio, sans sucre ajoutés et équitable en plus, que demande le peuple ?!) et une grosse banane et les jours où c’était doypack de quinoa ou autre céréales complètes avec du maquereau et un demi avocat.

    Et les calories pouvaient bien aller se faire cuire un steak, c’était vraiment pas le moment de faire un régime. J’avais besoin de réconfort et d’énergie, point !

    Finalement, c’était vraiment extra et ce, sans culpabiliser pour la planète et les futurs générations de petits moutons à naître. Amen !

    Maintenant en vacances, j’invente mes recettes avec ma dernière « création » : gâteau aux flocons d’avoines (bio) préalablement cuits dans un lait végétal puis mélangés avec 4 oeufs, de la poudre d’amande, des craneberries séchées et de la poudre de cacao non sucrée.
    Le tout au four et paf ! Non pas des chocapic mais un énorme gâteau à la croûte bien croustillante et un moelleux fort satisfaisant. Nourrissant, avec des fibres et tout le tralala.
    Et vraiment bon en plus !
    Je sais ça fait un peu gloubiboulga mon affaire mais j’ai l’impression de manger un bon gros dessert sans avoir une seconde à culpabiliser.

    Et enfin, le week end, je dois bien avouer que je me lâche un peu pour retrouver les bons souvenirs d’enfance et relâcher la pression.
    Si j’ai envie une bonne crème glacée après avoir bien sagement mangé mes légumes cuits vapeurs du soir et bien zut !
    Idem pour l’apéro du samedi !

    Personne n’est parfait et je n’est pas envie de l’être !
    Parce qu’on savoure la vie aussi en mangeant des choses grasses et sucrées et encore plus lorsque ce n’est pas tous les jours !

    Je me suis habituée à manger sans sucre ajoutées pendant toute la semaine sans frustration grâce aux fruits par exemple.
    Et parce que je suis française et ayant été élevée dans sa culture culinaire, il y a certaines choses dont je ne pourrais jamais renoncer, particulièrement le pain blanc,
    Mes deux gros bouts de pain blanc quotidiens que je chérie par dessus tout, même si je suis condamnée à garder un peu de cellulite sur les cuisses, je m’en fiche, je ne suis pas mannequin.

    Finalement, je pense sincèrement que tout est une question d’équilibre, à la fois alimentaire et mental.

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  65. Felicitations ! Ton article est fabuleux. D’une réalité poignante je partage tout à fait ton point de vue tes questions tes remises en questions tes commentaires !
    Je ne pense pas qu’il faille fermer complètement les yeux. Je suis végétarienne depuis peu et je pense que je ne suis plus capable de manger de la viande par contre je pense qu’il y a des choses que je ne conçois pas (aujourd’hui ?)
    Le beurre, le fromage par exemple. Alors consommer mieux quand on peut ? Mais sincèrement je pense que c’est encore pire de se faire un ulser pour ne pas manger tel ou tel produit quand on en a vraiment envie !
    Je t embrasse et je te souhaite pleins de merveilleuses choses.

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  66. Merci pour cet article qui dédiabolise la vraie alimentation ! parce qu’au final, quand on était petit et qu’il n’y avait pas la mode du quinoa et du lait d’amande, on vivait quand même assez bien !
    on dirait que si on ne rentre pas dans ce moule du healthy à tout prix, il va nous pousser des cornes ou je ne sais quoi.
    y’a des limites au healthy je pense, quand cela tourne à l’obsession, c’est comme tout, c’est mauvais !

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  67. Bel article. Personnellement j’ai aussi souffert de TCA divers et variés. Tout cela s’est soldé par une longue hospitalisation puis quelques années de surveillance pour ne pas rechuter.
    Aujourd’hui j’ai 30 ans et j’ai laissé tomber mes angoisses. Je mange de tout, raisonnablement. J’ai arrêté de lire les articles sur la nutrition, le sport à outrance, ce genre de choses anxiogènes. Et bizarrement, malgré le fait d’être entourée de gens qui font attention au gluten, aux produits laitiers, se mettent au cross fit, etc., je résiste à cette pression.
    Et le résultat est simple : j’ai beaucoup plus de place dans ma tête pour le reste! J’ai recommencé à bouquiner, à profiter de chaque moment, boire un verre en terrasse, grignoter avec les enfants des copains lorsque je les garde, goûter à tout lorsque je voyage. J’ai retrouvé la magie de l’enfance, à me lécher les doigts après un hot dog au ketchup ou à acheter une glace au cinéma.
    Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, je suis toujours mince, ma peau et mes cheveux se portent bien, je n’ai mal nulle part. Je crois que la liberté, c’est très bon pour la santé!

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  68. Je suppose qu’on pourrait dire que tu es passée de l’anorexie à l’orthorexie, que tu as abandonné une forme de contrôle pour tomber sous la coupe d’un autre… et que, du coup, tu n’as pas abattu tes démons.. tu les as simplement habillé sous des jours moins pathologiques et affolants mais pas davantage confortables et rassurants.
    J’ai souffert pendant 15 ans de TCA. Deux ans d’hospitalisation (en plusieurs épisodes) et aujourd’hui, j’ai un rapport sain à la nourriture. Je mange de tout, de préférence bio mais sans que ce soit une obligation. Je consulte les étiquettes essentiellement pour éviter les grosses cochonneries… Je me contrefous désormais des calories. Je ne suis pas une ayatollah de la bouffe, je mange un tas de conneries pas saines du tout. Je peste quand je prends un kilo mais mes bonnes résolutions tiennent 10h et je continue à manger comme la veille (et le kilo disparaît de lui-même). Je ne fais plus de sport, je fais du gras (mais j’ai désormais quasi 40 ans.. et deux enfants). Je n’ai pas ouvert un bouquin de nutrition depuis 10 ans. Ma foi, je ne suis plus ferme, je ne mange pas assez d’oméga-3 et sans doute pas assez de fibres, mais j’ai gagné une sérénité que je n’échangerais pour rien au monde. Je te souhaite la même douceur d’assiette dans les années à venir 🙂

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  69. Merci pour ces quelques mots qui résument très très bien ma pensée !!
    J’ai grandi avec une maman qui a lutté contre l’anorexie et la boulimie (même si à l’époque je ne savais pas tres bien ce que cetait), j’ai depuis toujours eu une tendance à prendre rapidement du poids alors autant te dire que des le départ ma relation avec la nourriture a été compliquée…
    Et puis cela allait beaucoup mieux, j’avais retrouvé le bon sens, la capacité de manger en me faisant du bien et en me respectant. Et puis c’est devenu too much tout ça, comme tu dis, les no gluten, les no dairy, les no sugar, l’industrie qui se fout du monde et de notre santé, et tout et tout.. Je n’arrive quasiment plus à manger sans me creuser le citron… ou quand je le fais je culpabilise comme pas permis et le lendemain c’est green smoothie toute la journée… Mon dieu c’est bien moi qui vient d’écrire ça !!
    J’ai bien peur d’être trop informée maintenant pour faire marche arrière. ..

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  70. Waou, super post!

    Merci pour ce partage, c’était très agréable à lire. Je me reconnais aussi un peu dans cette « healthy food obsession », autrement appelée Orthorexie ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Orthorexie ).

    Mais à mon avis, la meilleure approche de la nourriture que j’ai pu trouver, c’est celle du Dr Gérard Apfeldorfer dans son best-seller: « manger en paix » ( http://www.psychologies.com/Planete/Eco-attitude/Agir/Livres/Mangez-en-paix ).

    Je crois que rien n’est pire que l’ignorance, donc le fait d’être correctement informés c’est indispensable pour atteindre un bon équilibre de vie.

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  71. Bonjour,

    J’ai lu votre article via le huffington post.
    Je me pose des questions sur l’alimentation parce queje suis tentée de devenir végétarienne et donc je me suis renseignée.
    Là, j’ai lu des choses affolantes sur des sites vegan. Impossibles à vérifier!
    Et puis, par chance, je suis tombée sur le site du PHARMACHIEN qui, en bon scientifique, rétablit la vérité et le bon sens, de manière pédagogique et avec beaucoup d’humour.
    J’ai donc appris, notamment :
    – que les produits laitiers ne sont pas de terrifiants poisons,
    – que les régimes alcalinisants n’ont aucun sens,
    – que le gluten n’est mauvais que pour les individus souffrant de la maladie coeliaque,
    – que les histoires de toxines et de détox, c’est bidon.

    Ce site m’a beaucoup rassurée, c’est pourquoi je te le conseille. J’ai conscience néanmoins qu’il risque de te déstabiliser si tu entends le contraire depuis des années.

    J’espère que tu retrouveras le goût de la nourriture.

    Bonne chance.

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  72. De manière générale, je pense qu’il y a un problème qui se généralisé de plus en plus sur les notions d’équilibre dans notre société. Peut importe ses convictions alimentaires, je pense que beaucoup de textes sont aussi dangereusement alarmistes que certains industriels sans scrupules.

    Pourquoi ? Car à trop voir le mal en tout, on finit par le voir partout, car il est partout. Déjà, car notre société rend impossible un mode de vie 100% sein. On peut faire attention à sa nutrition et être fumeur (où épargner un pied pour tirer sur l’autre). On peut habiter dans un coin de campagne, mais être forcé de prendre sa voiture et pas un système de transport propre… Bref, on ne va pas lister ici les paradoxes, mais si on prend objectivement tout le monde, je ne pense pas qu’on trouvera beaucoup de personnes avec un corps sain façon bouddha.

    Et puis au final, comme dit au début de ton article ce qu’on a fait pendant des années ne nous a pas forcément fait de mal, bien au contraire. Il faut juste, a mon sens du moins, trouver un juste équilibre, car c’est plus dans l’équilibre que se trouve la solution, la ou les extrêmes ne font que rapprocher de points de rupture. Se faire plaisir de façon responsable et créer ou chercher les solutions qui semblent concilier cela. Je suis a peu prêt sur qu’on pourrait faire du fromage « respectueux » si on s’en donnait les moyens, et sans ça, la ferme de coin si elle est uniquement laitière pourrait proposer des solutions tout à fait convenables moralement. D’accord c’est « gras », mais des fois ce qui ne semble pas bon pour le corps et bon pour l’esprit. Je ne pense pas que des générations élevées au gramme prêt, voire sur un futur dystrophique, avec des gélules le vivraient bien. Il irait chercher leurs plaisirs et excès ailleurs, et qui pourrais se révéler bien pire au final qu’un secteur qu’on pourrait maitriser et rendre plus « sain » .

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  73. Bonjour Camille,

    Ta question est passionnante, mais je crois que tu as reçu la réponse à cette question dans ton éducation . Et si la bonne nutrition, c’était celle qui fait au mieux 90% du temps (en pensant aliments sains et non dénaturés) et que les 10% du temps restants on lâchait prise? Le corps est capable de gérer cela, d’équilibrer cela. on corps l’a déjà fait.
    Lorsqu’on n’est pas à la recherche de standards sans forme et qu’on accepte sa nature de femme (parfois avec des rondeurs) alors c’est la faim (la vraie, pas l’envie de manger pour compenser son stress) qui guide nos choix. Quand ça a été désappris je suis persuadée que ça peut se réapprendre. Tout est question de sécurité intérieure et d’écoute de soi. Plus facile à dire qu’à faire me diras-tu, mais avec du temps et beaucoup d’amour, on peut tout réussir, y compris à apprivoise son rapport au corps et à la nourriture.
    Bonne continuation à toi,

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  74. Très chouette cet article 🙂 Selon moi, le plus important, dans toute société et pour tout sujet, c’est l’accès à la connaissance = liberté. Liberté ensuite à chacun de manger ce que bon lui semble, de s’intéresser ou non à ce qu’il met dans sa bouche. Il est vrai que le pouvoir des médias oriente les choix des consommateurs; Mais chacun doit pouvoir trouver l’information. Je connais aussi bcp de personnes qui se foutent éperdument de la nourriture car ils se nourrissent juste, ils ne mangent pas. Pour moi manger est à la fois un plaisir énorme et une hygiène de vie, c’est comme se laver on ne peut pas y échapper 😉 On peut concilier largement les deux. Vive la gourmandise !

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  75. Bonjour! Je suis tombée un peu par hasard sur ce billet publié sur le hufftington post! et je vous dis bravo!je trouve votre réflexion très lucide et très juste. Je ne suis pas concernée par les problèmes alimentaires auxquels vous avez été confrontées Je fais attention à ce que je mange, mais sans être prisonnière de toutes les polémiques et les informations qui se font et se défont au fil des découvertes et comme vous le dites des modes! Je suis une épicurienne, je tiens un blog de cuisine, et je n’imagine pas la nourriture sans le plaisir qui va avec. Je fais partie de ces personnes qui pensent qu’il est dommage de se priver de choses qui nous font plaisir, du bien. A mes yeux, il suffit simplement d’être raisonnable. Alors je choisis de manger de tout , je fais du sport, et je suis en bonne santé et en forme. J’aime les animaux, ne supporte pas l’abattage, mais j’aime la viande… alors je me sers uniquement chez des éleveurs qui garantissent le respect de certaines règles… le bio, j’en achète, mais je reste prudente et même perplexe sur les réalités de cette production. J’ai du mal à imaginer des terrains totalement vierges de polluants aujourd’hui… je crois que c’est une réalité. Alors je ne me prends pas la tête avec tout cela. Si on devait manger comme le recommandent diverses études, entre les 5 fruits et légumes, les 3 produits laitiers, les X% de protéines, les Yg de pain complet, les ….., les… et les … encore, nous passerions des heures à ingurgiter de la nourriture. On découvre sans cesse de nouvelles choses et ce qu’on devait absolument manger il y a quelque temps doit aujourd’hui être banni! Arrêtons avec tout cela!!! Faisons nous simplement plaisir tout en étant vigilant! Si on n’aime pas ou on ne veut pas manger de viande par conviction, qu’on le fasse, mais qu’on ne supprime pas cet aliment juste par mode en larmoyant devant le bon plat qu’on adorerait déguster! ça n’a pas de sens! Le sucre et un peu de gras n’ont jamais tués personne pour peu qu’on veille à ce que cela ne soit pas l’alimentation principale, et votre maman, comme la mienne d’ailleurs, l’avaient bien compris! Encore une fois merci !

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  76. Face au grand courant « healthy-anti-sucre-anti-huile-de-palme-anti-tout-mangez-des-graines » (aheum je me suis une peu emportée), cela fait du bien de lire ton article !

    Après tout, les choix alimentaires sont culturels mais aussi personnels, donc ça ne me choque pas et je ne juge pas les personnes qui ont fait le choix délibéré de devenir végétariennes etc.

    Ce qui me dérange en revanche, c’est quand l’information devient diktat.
    Que ça y est il faut arrêter de manger du sucre parce que c’est la source de tout le mal, ou bien qu’il ne faut manger que de la salade à toutes les sauces sous prétexte que sinon tu vas devenir obèse, que le fromage et les œufs s’assimilent mieux le matin sinon c’est du gras direct et j’en passe.

    Bien sûr je caricature un peu, mais je n’ai pas honte de le dire, oui j’aime manger, j’aime la viande, j’aime le fromage, j’aime les légumes, j’aime des choses abominablement grasses autant que d’autres plus légères, et ça ne m’empêche pas au global d’essayer de faire des plats équilibrés et de consommer mieux (plus local en tout cas).

    Pour moi la nourriture est un plaisir et j’y vois presque un rapport charnel, alors prenons un peu le temps parfois de décomplexer et juste faire ce qui nous semble bien pour nous et notre corps 🙂

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  77. Je n’ai pas grand chose à dire si ce n’est que je ressens exactement la même chose, j’ai eu le même genre de maman que toi, mais ca a forcément eu un impact sur ma façon de vivre la nourriture aujourd’hui, autant je suis la plus heureuse avec une salade verte/tomates le soir, autant j’adore craquer (mais je culpabilise) sur un bon burger ou un méga cheese cake (en fait sur tout ce qu’il y a de plus gras et sucré), car oui, je suis très très gourmande, mais je crois que c’est l’interdiction/l’impossibilité de mal manger chez mes parents qui a fait naître en moi ce déséquilibre, pas le droit à un verre de coca, pas de nutella, que du sucre de canne ds des yaourts natures (et encore, ça c’était à l’époque, il n’y avait pas encore le sirop d’agave et autres remplaçants +/- recommandés d’ailleurs), peu ou pas trop de gâteau, bref aujourd’hui je suis tiraillée entre ma « passion » de la nourriture (j’adore la bouffe c’est terrible) et la culpabilité, dès que je ne mange pas un légume bio, je me dis, « quand même c’est pas très sain ta façon de te nourrir », quand je mange des pates, j’ai l’impression d’être une baleine alors que si je mange du quinoa ou du riz complet, j’ai l’impression d’être au régime, en bref, je mélange un peu tout, je m’intéresse beaucoup à tout ca (le bio, les méfaits des produits laitiers etc…) mais on devient complètement parano sur tout, en bref, ca devient une obsession et c’est encore pire depuis que je suis enceinte. il est temps qu’on arrête un peu, et qu’on trouve d’autre sujet (bien moins nocifs) d’obsession! Un article très intéressant, et je te découvre grâce au huff, 🙂

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  78. Wouaw ! Top article !!! Ça fait du bien de lire ça en ces temps alimentaires torturés ! (j’adore ton style d’écriture au passage)
    Merci !

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  79. Bonjour,
    intéressant ton article… en fait pour moi le vrai soucis ne vient pas tant de nous et de notre envie de bien manger et de bien faire manger notre famille ( oui moi j’ai une minette de 3 ans et c’est depuis ma grossesse que je suis au taquet sur la nourriture bio ou pas, local ou non, no sugar et …)
    Pour moi les industriels y sont pour tellement dans cette histoire…
    On fait nos courses dans des supermarchés où on nous vend des plats qui doivent être toujours plus simple à préparer, pas trop savoureux pour plaire au plus grand nombre, des fruits et légumes beaux et brillant et le tout pleins de concervateurs parc-en-ciel qu’on a pas que sa a faire d’aller faire les courses !
    Alors oui tout cela répond à des besoins? De la société non pas vraiment à des envies et des caprices… mais qu’es qu’il n’inventerait pas pour vendre et nous rendre addict à leur produit…
    Sans parler des accords entre l’industrie du sucre et les autres pour en mettre partout. Bref , ma maman faisait toujours les courses au supermarché et j’ai toujours vu tout le monde faire ainsi. Seulement maintenant que j’essaie de manger mieux, bah il n’y a plus rien qui m’intéresse la dedans et j’espère que je ne suis pas la seule à déserter et que bientôt c’est eux qui ce poseront les bonnes questions et qu’on arrivera à des supermarchés avec une majorité de produits locaux, une partie bio et de saison parce que cest naturel et tellement meilleur pour nous mais aussi notre environnement.

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  80. Oh, quel plaisir de lire ce post, que j’aurais pu écrire à quelques lignes près. Je te lis régulièrement sans commenter, mais là j’ai trop envie, et je m’excuse par avance de la longueur de mon commentaire.
    A l’âge de 25 ans, je suis tombée dans l’anorexie suivie par presque dix années de troubles alimentaires. J’ai vécu un enfer (et au passage, je ne laisserais plus jamais personne dire qu’avec un peu de volonté…) et en suis sorti il y a maintenant 5 ans. A cette époque, je faisais le tour de la ville pour me rendre à la seule coopérative bio, que ne fréquentaient alors que quelques naturopathes isolés, me fournir en seitan, tofu, yaourts de soja, légumes que je cuisinais à la vapeur uniquement, et tamari que je mettais partout pour donner du goût à ma cuisine ultra maitrisée qui n’en avait pas.
    Dix ans plus tard, il y a tous les soirs vingt minutes de queue à la caisse de l’énième supermarché bio qui vient d’ouvrir dans mon quartier. Tout le monde achète sa rapadura, son huile de coco, sa purée de cajou, sa poudre à lever, ses graines de chia. Moi aussi. Mais aussi, du sucre blanc, de la levure chimique et quelques autres de leurs petits copains industriels, pourvu que moi ou mon fils en ayons envie.
    Et voilà que sans savoir, certains amis ou moins proches (puisqu’aujourd’hui, tout le monde peut se permettre de se mêler de l’assiette de l’autre) se mettent à m’expliquer ce que je mange et comment ça va ruiner ma santé et la planète.
    Alors là non, je ne peux pas. Je suis consciente et responsable, j’essaye de comprendre un minimum l’empreinte de notre mode de vie sur le monde, mais je refuse d’ériger quelques efforts pratiques en principes idéologiques (franchement, la maîtrise des méfaits de l’ultra libéralisme se joue vraiment dans les graines de chia ?). Je ne me suis pas tapée dix ans de sur-maîtrise de mon alimentation, pour des raisons d’image corporelle ; pour y revenir pour des raisons politiques ou sanitaires.
    Bien sûr, mon expérience est toute personnelle, et le choix d’une alimentation saine ne fait pas écho pour tout le monde à la rigueur et l’obsessionnalité de l’anorexie. C’est ce qu’on décrété mes amis : pour moi c’est pas pareil, faut pas me mettre la pression. Mais pourtant, je crois que mon cas parle de quelque chose d’assez commun.
    A quel moment ça a été si compliqué de manger ? À quel moment les choix de vie sont devenus des choix alimentaires ? Je respecte néanmoins, et je fais aussi, en partie. Mais à quel moment ça a pris autant de place ? Moi qui ai fait de la sociologie mon métier maintenant que je suis grande, j’aimerais bien lire quelque chose là-dessus dans la sociologie de l’alimentation, plutôt qu’un énième plaidoyer sur le non raffinement des produits (qui a aussi son histoire, des gens y ont vu un signe de distinction sociale un jour, nos grands parents se sont battus pour gagner de quoi se payer du pain blanc, les pauvres inconscients : peut-on leur attribuer tous nos cancers ?). Personnellement, je pense que c’est l’appauvrissement du sens de nos actes et le délitement des appartenances sociales qui ont permis à l’alimentaire de prendre autant de place aujourd’hui, à la fois pour distinguer et rassembler les gens (les Amap où le lien social se nourrit de l’illusion que manger du chou qui n’a pas parcouru plus de 150 km est la chose la plus importante au monde, les compost de quartier, etc.).
    Je ne peux pas croire, je ne veux plus croire, que l’essentiel, pour ma santé, pour la vie sociale, pour la planète, est là dedans.
    Bravo pour cette réflexion et la distance que tu prends sur toi-même, et n’oublie pas de te régaler et de rayonner de gourmandise, au sens le plus large, ce qui reste à mon avis le plus important.

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  81. Ton article est très touchant mais surtout, très authentique. Je retrouve complètement le parcours alimentaire que j’ai eu depuis mon enfance jusqu’à aujourd’hui, où seulement je « recadre » les choses à ma façon. Mais les doutes ont été nombreux et j’ai été complètement déréglée pendant quelques années.
    Si ça peut te déstresser, aujourd’hui, je reviens aux basiques de l’alimentation que mes parents m’ont inculqués : 1 protéine, des légumes des féculents, un laitage ou un fruit et plus léger le soir. Mine de rien, j’essaie d’acheter bio ou non transformé, dans la veine des « bons produits ». Je rééquilibre après si j’ai envie de me faire un Mac Do, des crêpes au Nutella ou autre. Et je laisse aussi la place à des périodes de craquage lors desquelles j’ai envie de manger plus gras, ou tout simplement plus.
    Je ne me mets pas d’obligation sans gluten, sans ceci ou cela hormis revenir à des choses plus naturelles c’est tout et je cuisine. Mais pas de la grande cuisine hein. Juste cuire quelques légumes (que j’achète aussi congelés faut pas rêver on n’a pas toujours le temps) et dorer une viande ou cuire un œuf à côté.
    Je crois que ce n’est pas facile mais qu’il faut réussir à se sortir de la tête tout le matraquage qui nous est fait et manger avec bon sens. Il y a maintenant trop de conseils et trop de régimes alimentaires pour s’y retrouver et je crois que la réponse est dans tes propres intuitions qui seront les bonnes, ainsi qu’on te les a apprises et ainsi que tu te les aies appropriées. Cette course à l’équilibre devient une véritable dictature qui nous fait culpabiliser au lieu de réajuster quand il y a besoin, manger plus ou moins si nécessaire selon ce qu’on ressent. Bref, des agendas de nutrition aussi complexes sont justement intenables et c’est pour ça qu’on craque alors je crois qu’il faut s’écouter et ne pas trop réfléchir.
    Encore une fois, ton article est top ! Bravo !

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  82. Ça fait du bien de lire que des personnes aussi souffre du même problème que nous, c’est tellement dur de sortir de là quand vous n’arrivez pas à parler de ça autour de vous et que internet et toujours derrière…
    Bon courage à tous

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  83. […] C’est la grande tendance du moment… sans gluten, sans sucre, sans œuf, sans lait, sans viande, sans gras, sans sucre, sans sel… Certaines couvertures de magazine ou titres d’articles m’ont fait frémir ces derniers mois. On lit poison par ci, poison par là, poison encore par ci… Et après, on se demande quand manger est-il devenu si angoissant ? À lire à ce sujet l’excellent billet de Camille, du blog Les Parenthèses, Quand manger est devenu anxiogène. […]

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  84. C’est marrant, j’avais réalisé que je ressentais la même chose sur un autre sujet : le féminisme. Une fois qu’on commence à comprendre ce qu’il en est, on voit que le sexisme est partout, intégré à notre société. Au point que souvent, ça me mine, et que j’aimerais retourner un peu en arrière, à une époque où je ne voyais pas que les problèmes.

    Et en lisant ton article, je me rends compte que je suis en train de vivre la même chose sur l’alimentation. Je suis végétarienne depuis un peu plus d’un an, j’essaye de manger bio et local, mais je reste un peu feignante. Alors quand le soir, je ne me prépare pas à manger pour le lendemain midi au boulot, je me retrouver à èrer pendant beaucoup trop longtemps dans le supermarché du coin à la recherche de quoi manger : un avocat importé du Mexique ? Des lasagnes épinards/fromage toutes prêtes Bjorg ?
    Faire cohabiter ses convictions et sa vie, c’est parfois compliqué. Et je m’en rends compte aujourd’hui en lisant ton article : finalement, ma vie était plus facile avant quand je me prenais une baguette et du jambon.

    Mais voilà, comme pour le féminisme : même si je regrette ma période « d’ignorance », ou d’insouciance, je sais que je ne pourrais pas revenir en arrière. Être conscient de ce qui nous entoure, c’est à la fois un fardeau, mais ce sont surtout des convictions profondes, et j’aurais l’impression de me renier si je ne les écoutais plus.

    Répondre

  85. […] Les angoissantes nourritures, je n’aurais pas trouvé mieux pour dire ce que je ressens souvent quand je fais mes courses ou face à mon assiette. J’ai un lourd passif (qui est encore actif il semblerait) de troubles du comportement alimentaire, et globalement, comme Camille je trouve que c’est compliqué de manger maintenant, peut être parce qu’on en sait plus ou trop, peut être parce que le « healthy » a pris une place démentielle et qu’on est beaucoup dans le contrôle. Où est donc passée l’insouciance de manger du chocolat, des pâtes ou des abricots parce que cela me (nous ?) fait plaisir ? Je n’ai pas de réponse, mais même si dans le fond c’est un peu triste de réfléchir autant là dessus, je suis soulagée de savoir que je ne suis pas la seule à me poser tant  de questions… […]

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  86. Merci pour cette article. Nous vivons dans une societe ou il y a tout en  » trop « alors les medias ont decide de lancer la mode du « sans « . Et a force de lire tout ce ramassi de tout et de rien , on finit par avoir peur de manger par peur de grossir … et de mourir!!!

    Trop de calories, trop de sucre, trop de sel, trop de gras….tout cas dans les produits agroalimentaires mais si on cuisine normalement avec des produits naturels sans qu’ils soient forcement bio ( on n’a pas tous les moyens) alors il n’y a plus de trop puisque c’est notre cerveau qui goute et qui nous dit si c est trop et si on doit faire sans.

    Personnellement, je fais le miam aux fruits de France guillain le matin et je n’ai plus de fringales de sucre puisque je mets de
    l huile bio non raffinee et pressee a froid le matin, dans cette preparation.
    Il faut remanger comme a l epoque de nos grands meres, cuisiner des recettes simples sans se poser 10000 questions.
    Les medias nous empoisonnent pas la nourriture !!

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  87. Bonjour Camille,
    Je suis contente de t’avoir lue via le site de Altergusto. J’ai repris une partie de son article en anglais car moi aussi j’en ai assez de lire toutes ses articles, livres qui pronent une façon radicale de manger. Pour ma part je prends du recul, mais il est vrai que je passe plus de temps à lire les étiquettes! Je crois surtout à la variété et la modération et j’ai la chance d’avoir un marché à côté de chez moi où je peux choisir des prodtuis frais locaux et de saison toutes les semaines. J’avoue que ça m’énerve de trouver sur les étals en Angleterre du raisin qui vient de très loin…hors saison quand il pourrait venir de beaucoup moins loin (de l’Europe…).
    Bon courage Sandrine

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  88. Bonjour à toutes,

    Je vous remercie pour tous ces échanges, francs et si enrichissants qui m’ont permis de comprendre une chose: avant, manger c’était nourrissant avant tout et si possible bon (au sens du plaisir: gustatif, convivial, gourmand…). Maintenant, la nourriture se doit d’être « bien ». On a donc introduit de la morale dans ce qui est tout de même à la base le premier moyen de se maintenir en vie, puis qui est devenue une expression culturelle cruciale de notre relation aux autres.
    La naissance de site offrant la possibilité de diner entre individus porteurs des mêmes « convictions alimentaires » m’a définitivement écœurée annonçant une nouvelle fois un nouveau critère de l’entre soi mortifère.. Sans parler de ce site de rencontres où le régime alimentaire est le premier critère de sélection. Ce qui est d’ailleurs génétiquement une ineptie: si on est intolérants ou allergiques, il faudrait plutôt rechercher un partenaires le plus éloigné de ce profil, pour ne pas potentialiser nos limites génétiques et donner naissance à une lignée encore plus atteinte que nous ne le sommes!
    Je crois aussi que nous ne connaissons guère le manque (du moins ceux qui tiennent les blogs les plus radicaux et aux positions définitives). Car certaines attitudes, dans l’Afrique pauvre où j’ai vécu, serait tout simplement d’une intolérable indécence.

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  89. Une autre idée qui me trotte dans la tête depuis quelque temps: il me semble que l’on voudrait surtout, en maitrisant notre alimentation, maîtriser les risques sur notre santé. Comme si manger sain allait nous empêcher de tomber malade, de vieillir, de mourir même peut-être. On crève simplement de frousse de ne pas rester jeune, frais et en pleine forme, alors course à ce qui pourrait ralentir le temps qui passe… Avec toujours cette idée qu’avant c’était mieux, du temps de nos aïeux, qui mourait au moins 10-15 ans plus jeunes que nous!
    Un de mes enfants a été diagnostiqué il y a quelques semaines porteur d’une forme de rectocolite hémorragique: maladie chronique qu’il trimbalera toute sa vie. Immédiatement, les bons conseils sont tombés: arrête lui le gluten, le lactose, passe le au régime seignalet (ce qui lui a fait dire « en plus d’être malade chronique, faudrait que je devienne dépressif chronique! »), arrête la viande, tels trucs, tels machins… J’ai lu sur cette maladie, surtout des témoignages de gens concernés, et là, j’ai compris que toute cette histoire sur l’alimentation, cela rassurait surtout les autres, qui se disent qu’avec tout ce qu’ils ne mangent pas, eux au moins ne seront pas atteints. Et ce fils pourtant, il a été allaité plus de 1 an, il a eu droit au régime méditerranéen depuis toujours, parce que c’est ma culture, plein de fruits, de légumes, peu de viande, peu de poisson, pas tous les jours, je fais notre pain, nos gâteaux, juste parce que j’aime ça. Nous mangeons majoritairement bio, local, parce que j’ai fais des études tout comme mon mari d’agriculture et que cela me convient et que nous connaissons les circuits courts et leur intérêt depuis 25 ans. Mais cela n’a pas préservé mon enfant. Parce que si une seule chose pouvait réellement nous garantir de toute souffrance, de toute atteinte, de tout désordre et dysfonctionnement, cela se saurait! Alors nous continuons dans le sens de la gourmandise, je lui fais, comme pour moi, comme pour ses frères et sa sœur, comme pour mon mari et nos proches, ce qu’il aime, ce qui le rend heureux à table, et c’est une grande joie!

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  90. Oh incroyable ( enfin pas tant que ça ) . Tous ce que tu racontes , semble etre ce que je vis actuellement , perdue et angoissée face a la nourriture , je m’explique : je suis anorexique , depuis prés de 3 ans maintenant , vegan depuis 3-4 mois j’ai a présent systématiquement du regret lorsque que j’avale ( du gluten ou du sucre ou un aliment a IG élévé) j’en ai marre de toutes ces prises de têtes et de cette culpabilité qui me bouffe !
    Désolé ( je sais que ma vie ne t’interesse pas mais ton article ma vraiment fait « tilt  » .

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  91. Coucou, super blog!

    Tu as raison, on ne peut pas désapprendre tout ce qu’on sait sur le sujet et c’est d’autant plus difficile quand on s’est laissé diriger par la nourriture à un moment de notre vie (TCA, etc.). La nourriture est devenue comme la religion, chacun son culte et personne n’a la vérité ; on est donc largué à devoir trouver ce qui nous correspond, sachant qu’on ne voit pas ce qu’il se passe à l’intérieur et que plein d’autres paramètres entrent en jeu.
    Pour ma part, après être passée par des tas d’essais et de crises, j’ai décidé qu’il y avait simplement des phases alimentaires qui dépendaient des phases de la vie et de notre état d’esprit et non pas UNE alimentation fixe et parfaite à vie. Et quand ça va à peu près bien et qu’on ne se fait pas de mal avec un trouble ou d’autres problèmes de santé, peu importe qu’on abuse du fromage ou des produits importés, c’est juste ponctuel.

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  92. Oh, tu sors de ma tête oui ? 😉 Tu as mis les mots sur mon quotidien. Je partage tout. Toutes tes paroles, tes interrogations, toussa, c’est moi… Je suis émue. Merci pour ce texte. <3

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  93. C’est un article poignant, qui sort du coeur… MERCI!
    Je me suis tant reconnue à ce que vous dites…
    Après des années de TCA, après cette période de « sans sucre », de « zéro produits industriels », de « vegan à tout pris », je me suis rendue compte que c’était difficilement vivable, et qu’il était dangereux d’aller dans les extrêmes: la perfection n’existe pas. On trouvera toujours quelque chose qui ne va pas: un dessert sans sucre mais avec des bananes qui viennent de loin, un gratin d’aubergines mais c’est pas la saison, un gâteau d’anniversaire cuisiné avec amour par un ami, mais c’est pas vegan. Un cercle infernal, un idéal quasiment impossible à atteindre dans notre société -et je n’ai pas envie de vivre en autarcie… Désormais, j’essaye de continuer à manger le plus sainement possible, et à acheter avec équité (bio, local, des produits non-Monsanto), et en ne culpabilisant pas si oups, ya du lait dans les chips que je viens d’acheter, arf, j’ai bien envie, vraiment, de manger à la petite cuillère de la pâte à tartiner au spéculoos avec de l’huile de palme, parce que, déjà, je fais de mon mieux, et je ne suis pas super-women. Que la simplicité, c’est chouette. Que j’ai le droit de temps en temps d’acheter un coca, un cookies plein de beurre sortant d’une boulangerie, de manger un plat avec du fromage cuisiné par ma maman… Parce que c’est occasionnel et qu’à côté je fais des efforts, parce que je n’ai pas le temps de cuisiner tous les jours et que mon congelo à ses limites, parce que malgré tout j’ai lu un tas d’articles: je mange avec conscience. Et merde.

    Merci, merci encore pour cet article qui m’a fait beaucoup de bien…

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  94. hello camille, ici camille
    quelle ironie !
    je me reconnais cruellement dans ce post. j’ai aussi été anorexique et depuis que je sais, depuis que j’ai lu tant et tant de choses sur les calories, sur la provenance des ingrédients, sur l’équilibre acido-basique, et patati et patata (ah non pas les patates on a dit) que je ne sais plus manger sans culpabiliser.
    si bien que cette mode de l’alimentation « healthy » n’a plus rien d’healthy puisqu’elle propage des idées parasytes et rend les esprits malsains.

    Répondre

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