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Alors, refermons deux mille seize.

Je ne pouvais pas laisser partir 2016 ni laisser entrer 2017 sans prendre quelques instants pour faire un bilan, vous savez bien à quel point j’aime bien ça, les bilans.

2016 aura été intense. Pas bonne, pas forcément mauvaise, je crois, mais intense. Entière. Pleine. Dans ses hauts et dans ses bas. J’ai passé beaucoup de temps à pleurer, j’ai passé beaucoup de temps à rire. Un peu plus fort que chaque année je crois, j’ai aimé, j’ai souri, je me suis questionnée, j’ai pris des décisions difficiles, j’ai trébuché, j’ai compris, j’ai grandi, j’ai avancé.

Est-ce que quand on grandit un peu, c’est normal de ressentir beaucoup plus fort tout ce qui nous arrive ? Est-ce que quand on grandit c’est normal de voir défiler les journées beaucoup, beaucoup plus vite qu’avant ? De fermer les yeux et de se retrouver en train de faire tout bas le bilan de l’année passée, alors qu’on venait juste de décider des bonnes résolutions de janvier (Oui, j’aime prendre des bonnes résolutions en janvier).

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Cela aura été une année pleine de premières fois, et pleine de dernières fois aussi. J’ai couru et fini mon premier marathon, pour lequel je me suis préparée, presque sans jamais faillir, mais un petit peu tout de même, entre la 8ème et la 10ème semaine, quand les jambes grimaçaient et que le mental suivait plus les jambes que ma fierté. La ligne d’arrivée, passée en compagnie de mes amies les plus chères, m’a confirmé que parfois, aller au bout de ses rêves n’est peut-être pas plus compliqué que de simplement le vouloir plus que tout. Cette ligne d’arrivée aura fait germer beaucoup de choses, et j’espère qu’elles seront toutes prêtes en 2017.

J’ai décidé de quitter mon travail, pas vraiment sur un coup de tête, j’y pensais depuis quelques temps, mais il y a eu un jour où j’ai presque senti que c’était exactement le moment où il fallait le faire. 2016 touchait à sa fin et je crois qu’une petite superstition m’a confirmé que je voulais le faire avant de boucler cette année professionnellement compliquée, épuisante et pleine de remises en questions. J’ai tremblé en disant tout bas que je voulais voler de mes propres ailes et créer mon petit truc à moi, ma petite entreprise, mes grands projets et mes grandes idées. Cela va être assurément le plus grand saut dans le vide de ma vie, mais je trépigne d’impatience, je crois que cela va être chouette. Difficile, mais chouette.

Je suis devenue végétalienne, pour de bon-pour de vrai, j’ai pris cette décision le 2 janvier 2016, et je m’y suis tenue à 98 %, les 2 % restants étant les situations sociales qui ont fait que c’était encore un peu compliqué. Mais je n’en retire pas moins une extrême fierté, d’avoir réussi, petit à petit, à imposer mes convictions et à les faire comprendre (parfois pas) et à les partager (parfois pas). Il me reste encore un peu de chemin à faire, surtout pour arrêter de m’emporter quand on m’oppose des arguments nuls ; et pour étendre mes convictions à toutes les sphères (possibles) de ma consommation. C’est parfois difficile, de se heurter à des mentalités qui ne changent pas aussi vite qu’on le voudrait, mais c’est un cheminement fascinant.

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Et puis pour le reste, je n’ai toujours pas réussi à arrêter tout à fait de me ronger les ongles, ni trouvé la teinte de rouge à lèvres qui me va parfaitement – mais je m’en approche, je crois, j’ai mis pour la première fois de la couleur dans mes cheveux et c’était très joli, même ma maman l’a dit, j’ai acheté beaucoup de leggings avec des imprimés étranges, j’ai passé ma certification pour devenir prof de bodypump, j’ai pour la première fois parlé d’avenir et de futur avec un garçon et cela s’est avéré être un gros échec, mais enfin, ça m’a au moins permis d’avoir un vrai premier chagrin d’amour, alors ça rajoute une première fois et ça, j’aime bien. J’ai enfin mis au point une recette parfaite de scones salés – à la farine de patates – que je vous donnerai sans doute très prochainement, j’ai beaucoup dit oui à des nouveaux projets, j’ai beaucoup dit non, quand ça m’embêtait, j’ai beaucoup râlé contre les personnes qui n’arrivent toujours à comprendre qu’un logo, ça se paye parce que c’est mon métier et j’ai beaucoup souri et rougi, quand on m’a félicitée.

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J’ai perdu ma Mamie, et je m’en veux d’en parler entre deux autres phrases légères et pas très importantes, mais je crois que je n’arrive pas encore à comprendre qu’il y a un moment où l’on se quitte, pour de vrai, pour tout le reste de nos vies. C’est encore un peu difficile, et les larmes restent souvent bloquées, comme si elles attendaient que je sois un peu plus forte avant de pouvoir couler. Ce jour-là, j’ai pris aussi la mesure de la distance, de l’expatriation, de ce qu’un océan de séparation voulait dire, lorsque les seules condoléances que j’ai pu exprimer étaient via un écran et une connexion internet hachée.

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Je n’ai pas fait renouveler mon permis de conduire comme je l’avais annoncé à tout le monde, j’ai envoyé-bouclé-fini de payer tout ce qu’il fallait pour devenir une résidente permanente du Canada, sans toujours savoir si c’est ce que je veux vraiment, mais enfin, j’aurais le choix, peut-être dans quelques semaines, quelques mois, je n’ai toujours pas essayé de faire du fromage végétal, mais j’ai mangé trois-cent-soixante-six (ou un peu moins, il se peut que j’exagère) houmous différents et j’ai trouvé le meilleur pain d’épeautre de la ville, qui, tartiné de baba ganouj fait des merveilles.

J’ai rencontré des personnes belles, belles, belles et si vous saviez à quel point je suis heureuse de me rendre compte que l’on peut encore lier des amitiés fortes, sincères et simples alors qu’on grandit et que je croyais que c’était quelque chose que je ne savais plus faire. Elles ont rendu mon année 2016 si forte et si riche, et probablement plus douce, aussi.

J’ai terminé 2016 de la plus belle façon qui soit : en jouant au Mah Jong avec mes parents et ma sœur, après quelques flûtes de champagne et des olives grignotées, après avoir passé un Noël en famille, nièce d’amour, sa nouvelle poupée qui sent la vanille, ses rires et ses cris inclus et après être allée courir le long de l’océan et marcher avec les derniers rayons du soleil.

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Je vous souhaite une année 2017 pleine de paillettes, dans vos yeux, dans vos vies, dans vos cœurs.

13 Comments

  1. Belle année Camille.
    C’est encore une fois très beau ton article. Je Les lis Tout De suite tes articles des que je les vois et en entier. Mais j’ai une certaine appréhension avant de les lire. Ils sont tellement touchants et profonds à chaque fois. Ils me remuent les tripes. Tes fêtes de fin d’année semblaient parfaites.
    Je t’embrasse. Merci pour ce partage avec nous.
    Plein de paillettes pour 2017 !

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  2. Trop top cet article! Comme à chaque fois 🙂 je les lis toujours tout de suite quand je les reçois dans ma boîte mail, parce que je me reconnais toujours dans ta douce mélancolie. C’est chouette les bilans ça permet de se sentir vivant je trouve, ou tout du moins de realiser qu’on a vécu.. Joyeuse année à toi!

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  3. Une belle année 2017 à toi aussi, bon courage pour tous ces beaux projets !
    Tes photos font rêver, la lumière est magnifique

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  4. Moi en 2016, j’ai lu chacun de tes articles, sans attendre, comme je fais avec un très bon dessert quand je le commence debout parce que je peux même pas attendre de m’asseoir pour le déguster lentement (c’est une manie que je veux éradiquer mais sans succès). J’ai souri avec toi, j’ai trouvé tes cartes postales comme une groupie une nuit de brouillard, j’ai toujours marché dans ton univers comme on visite la maison d’une copine, qui ne ressemble pas à la nôtre (mais des fois beaucoup quand même) et qu’on trouve si chouette. Je te souhaite une 2017 juste aussi pétillante que toi, sois très heureuse, et écris-nous, s’il te plaît, enfin, quand tu en auras envie, et puis sur ce que tu veux, mais écris-nous, encore, voilà.

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  5. Cette perte définitive est quelque chose qui me laisse aussi sans voix. 5 ans que j’ai perdu un être très cher, et pas un jour sans que je pense à elle…
    Belle année pleine de douceur!

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  6. Question existentielle soulevée par un détail, mais la vie est-elle autre chose qu’une myriade de détails montés en épingle, hein : où trouve-t-on des leggings de sport avec des imprimés étranges ?

    Sinon, oui, c’est normal que le temps paraisse passer plus vite en grandissant, c’est plus ou moins proportionnel au temps de vie écoulé. Quand tu as 10 ans, une journée ou une année est une portion-fraction de ta vie plus importante qu’à 28… J’avais un peu gloupsé en découvrant cela dans les épreuves d’un dictionnaire de démographie. Cela ne va pas aller en s’arrangeant, donc, mais on peut se rassurer (essayer) en se disant que si la vitesse augmente, l’accélération diminue… (J’ai quand même un gros doute mathématique, là, mais la flemme de faire des fractions.) Puis, bon, la vitesse peut être enivrante, non ?

    Vu que tout va vite, je me dépêche de te souhaiter : bonané !

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  7. C’est bizarre d’être confrontée à la mort de ses grands-parents, je crois qu’on ne peut jamais savoir comment on va réagir… Je n’ai pleuré qu’à l’église lors de l’enterrement de ma grand-mère, pas lors de l’annonce, pas en la voyant, j’étais triste mais je me sentais complètement bloquée. Je ne suis pas spécialement croyante, mais il y a quelque chose dans le côté solennel, officiel et peut-être aussi un peu apaisant d’une église qui a libéré mes larmes. Je te souhaite de trouver le moyen de laisser s’exprimer ce chagrin, et aussi plein de réussite dans ta future petite grande entreprise, des tartines expérimentales (ou des expériences tartinesques), et puis des surprises, parce que sans surprise ça serait un peu ennuyant tout ça

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  8. Oh mais ça y est, tu as fait le grand saut du boulot en solo? Bravo bravo bravo! (Arrêter les rimes ne fait apparemment pas partie de mes résolutions…)
    Je suis super contente pour toi Camille et je te souhaite une magnifique année 2017, pleine de créativité, de beau papier, de nouvelles recettes de houmous, de délicieux scones et de course à pied! <3 Profite bien de ces doux moments en famille.

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  9. Ce bilan est comme la vie, léger et grave, ponctué de rires et de larmes, d’espoirs et de satisfactions. Je suis en train de faire le mien. A priori, pour moi , 2016 c’était tout pourri, et puis en remontant le fil de l’année, je me dis qu’il y a eu de sacrés bons moments aussi, des tournants, des progrès, de jolies choses à confirmer…
    Je te souhaite une formidable année 2017!

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