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la préparation du marathon.

Je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit (si vous me suivez sur les réseaux des internets ou que vous me connaissez un peu en vrai, vous avez probablement déjà eu l’occasion d’assister à l’une de mes innombrables plaintes et chouineries à ce sujet), mais je suis en train de préparer le marathon de Montréal.

Cela fait donc deux mois et demi à peu près que je suis une préparation plutôt intensive, pour être plus ou moins certaine de réussir à boucler ces 42,195km, mais aussi, pour être capable de ne pas ramper comme un zombie – est-ce que les zombies rampent ? – pendant les deux semaines suivantes. Cela fait donc deux mois et demi que ma vie est plus ou moins rythmée par les sorties longues-avec-des-blocs-plus-rapides, les sorties en endurance fondamentale et les fractionnés (MES PRÉFS), par mes plaintes à répétition parce que j’ai la flemme/mal au genou/trop chaud/pas envie, parfois tout ça à la fois, par une absence totale de vie sociale (c’est compliqué de sortir le week end quand le lendemain il faut se lever à 6h pour un petit 21km) (et c’est compliqué de sortir le soir en terminant ses entraînements après 21h30) et par une découverte totale de moi même et c’est ce dernier point qui est en train de me fasciner le plus.

Je ne vais pas trop vous parler de mon plan d’entrainement, parce qu’à part de rares personnes qui ont très envie de faire un marathon, ça n’a pas grand intérêt. En revanche, ce que je peux vous dire, c’est que depuis ces deux mois, je suis en train de me rendre compte d’un trait de caractère (en fait, c’est un défaut, mais soyez sympathiques avec moi et faites comme si on pouvait appeler ça juste un trait de caractère) que je n’arrive pas vraiment à nommer et dont je n’avais pas conscience. Ou, plus exactement, dont je n’avais pas conscience qu’il était aussi important.

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J’ai toujours été bonne en sport. Sauf pour le cross du collège qui m’ennuyait profondément parce qu’il fallait courir autour du terrain de rugby pour s’y entraîner, j’ai toujours été dans les meilleures, souvent capitaine dans les sports co’ et jamais dans les dernières à être choisies dans les équipes, je n’ai jamais inventé que j’avais mes règles pour être dispensée (99 % des filles de ma classe le faisaient), je n’ai jamais oublié mon sac de sport (par contre, le livre d’histoire, ça, c’était autre chose), bref j’adorais ça. Particulièrement en 2nde, effectivement, puisque mon prof était un garçon fraîchement diplômé et était beau comme le soleil. J’ai donc toujours été bonne en sport et surtout, j’ai toujours été habituée à réussir vite. Avec du travail et de l’application, oui, mais vite quand même. Dans tous les domaines, d’ailleurs, je suis tellement persévérante (c’est une autre manière de dire que je suis têtue à un degré insupportable) et j’ai tellement envie d’y arriver vite que je me donne à fond pour y parvenir.

J’ai donc été habituée à atteindre mes objectifs sportifs et à voir une évolution rapide dans mes entraînements. Tout le temps. J’ai toujours adoré le sport. Et j’ai toujours pris du plaisir à faire du sport. Tout le temps. Sauf maintenant.

Voyez-vous, la préparation pour le marathon est dure, ça, je le savais, mais elle est surtout longue et, à l’image de la compétition, c’est un travail d’endurance. Et comme je suis prodigieusement impatiente, je n’aime pas ça. Je voulais voir des résultats tout de suite, alors je suis partie trop vite, j’ai brûlé plein d’étapes parce que je considérais que sérieusement, un 45 min à 5’40, mais trop pas, j’en suis déjà au stade d’après, ce qui, bien entendu, s’est avéré être une grossière erreur, mais j’ai mis à peu près huit semaines à m’en rendre compte.

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Je fais assez bien la différence entre les séances très difficiles (celles où je vomis à la fin, par exemple) (oui, il y en a eu) mais qui m’amusent, que je sens bénéfiques et dans lesquels je me dépasse, par rapport à celles, difficiles aussi, mais longues, lentes qui ne me donnent pas l’impression d’un challenge immédiat… et qui m’ennuient. Je traîne les pieds, je respire mal, j’ai chaud, j’ai soif et même mon truc habituel pour rester concentrée (faire du calcul mental)(oui, je sais) ne marche plus. Et je m’en veux, parce que je ne me reconnais pas vraiment, puisque je suis persévérante et je veux y arriver. Et je m’en veux parce que je sais que ma fierté aura du mal à supporter un abandon.

Alors à 2 semaines de l’épreuve, je vous avoue que je fanfaronne moins que quand je me suis inscrite. Le rythme lourd de la préparation se fait ressentir, l’absence de lever après 7h, même les week ends, aussi. Je ne sais pas vraiment si je vais y arriver et je trouve ça très difficile, d’avoir pour la première fois, des vrais doutes sur mes capacités sportives. Et puisque je sais que je suis considérée comme étant « la fille sportive qui lâche jamais rien », je trouvais ça important de vous dire que parfois, vous savez, parfois je peux trébucher.

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12 Comments

  1. Tu sais que j’ai un article à publier bientôt qui raconte un peu ce que tu racontes ? Réputation * être bonne en sport – et les difficultés de reprise dans mon cas.

    Perso la reprise avec les soucis de santé sévéres (dans mes jambes), a été compliquée et malgré la niaque, mon égo a pris cher, très cher. Et c’est pas encore gagné. Mais je refuse de lâcher.

    Puis si tu sais, que tu termines ou non ton marathon, les gens seront hyper fiers de toi quand même tu sais, aucun besoin de te justifier ;). J’ai tendance à faire ça quand c’est moi qui mets une pression de dingue toute seule comme une grande. Mais bref quoi qu’en soit ça sera top, et puis tu vas le terminer ce foutu marathon, parce que la peur est légitime et qu’elle donne la niaque, que tu as la niaque aussi, elle pousse à tout donner même quand on pense de ne plus avoir de ressources parce que ça fait trop mal. Et si tu tribuches admettons, tu te releveras 🙂

    Des bisous

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  2. Je crois que j’aurai pu écrire le même billet, première en sport, dans tous les sports sauf le cross autour du stade, l’impatience, l’envie d’y arriver et toussa… tu vois malgré les années qui nous séparent, j’en suis toujours autant mordu (du sport et de l’envie)… bref je ne prépare pas (encore) un marathon mais je me suis mise à un entrainement suivi coaché et très régulier depuis 3 mois…
    du coup je te soutiens à FOND pour ton marathon…
    tu lâcheras rien c’est sûr…
    bonne chance,
    bises

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  3. Je suis sûre que tout va bien se passer pour toi, et j’attends ton compte-rendu avec impatience. Pour ma part je serai au même endroit mais seulement pour le semi, mon premier depuis 4 ans. Marathon l’année prochaine peut-être, pas (trop) effrayée par la distance mais par la préparation…

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  4. Moi aussi j’ai toujours adoré le sport, même si je n’étais pas très douée dans certaines disciplines (je ne sais pas respirer quand je cours par exemple ce qui est un problème pour tout ce qui a trait à l’athlé ou presque). Bref, tu as toute mon admiration pour entreprendre ce que tu fais. Je m’entraine toute l’année à côté du badminton pour avoir la condition physique nécessaire mais ça n’a rien à voir avec le fait de se dédier à ça pendant plusieurs mois en sacrifiant vie sociale et grasse mat. C’est un super défi en tous cas, courage !

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  5. Même si cet amour du sport que tu décris m’est complètement, mais alors complètement, inconnu, je te souhaite du courage! Accroche toi c’est bientôt la fin! Tu es si proche du but, un marathon c’est quelquechose quand même!
    Et puis dans tous les cas même si tu n’arrives pas jusqu’au bout je ne vois pas qui pourrait te montrer du doigt, parce que des rigolos qui courent 42km détente ça ne cours pas les rues! Du moment que tu n’as aucun regret c’est le principal!
    Et puis nous on te lira encore même si tu es une looseuse qui ne sait pas courir un marathon 🙂

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  6. Joli article, très bien écrit, qui fait écho à ma propre situation. Moi aussi j’ai toujours aimé le sport et ai toujours fait partie des meilleurs à l’école, à l’exception près des sports d’endurance (le « footing » quoi) que je détestais. Comme toi, je suis une perfectionniste impatiente, donc j’ai souvent essayé de brûler les étapes. Il y a deux ans, j’ai eu l’idée saugrenue de me mettre au running alors que je détestais ça, et j’ai découvert un nouveau monde… que je me suis mise à aimer, au point de ne plus pouvoir m’en passer. En chemin, je me suis pris pas mal de claques dans la figure : j’ai progressé puis stagné, parfois même régressé (en rageant), mais j’ai toujours persévéré !

    En 2017, je courrai le marathon de Paris (si tout va bien) et j’ai hâte de débuter l’aventure. En tous cas, moi ça m’intéresse bien de connaître un peu plus en détails ton plan d’entraînement ! Pourrais-tu m’en dire un peu plus ?

    Bon courage et bonne continuation !

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  7. Courage pour ta préparation !
    Le marathon fait parti de ma bucket list mais pour l’instant les « contraintes » me font hésiter.
    Pour ne pas t’ennuyer, un conseil parmi d’autres, c’est d’écouter des podcasts pour tes séances d’endurance fondamentale comme ça tu ne t’ennuies pas 🙂

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  8. Moi aussiiiii, petite, j’étais bonne en sport (sauf les sports de raquette). Mes parents me poussaient pas mal & j’aimais ça, sauf les sports de raquettes. Et les sports co (mais j’étais quand même la première fille qu’on prenait dans les équipes). J’ai jamais terminé un training en vomissant, mais avec le gout du sang dans la bouche, si. Bref ça c’était avant.
    J’ai pas mal de doute à propos du demi-marathon, pi là j’me sens un peu bête, parce que c’est QUE le demi-marathon. Mais on va y arriver, hein? Et sans trébucher. Ou alors on se relèvera, encore plus acharnée…
    Bon courage Camille,
    On se croisera peut être par là bas 🙂

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  9. Camille,
    Ce qui est drôle, c’est que j’ai un article sur ma préparation en cours aussi. Moi, ton plan d’entraînement, il m’intéresse beaucoup mais effectivement je dois faire partie des rares personnes.

    Je te souhaite bon courage pour dimanche, je penserai fort à toi et t’enverrai toutes mes ondes les plus positives, tu vas tout dégommer, j’en suis certaine et tu rejoindras le club des finissures des marathons, et on en discutera un jour les larmes aux coins des yeux de nos premiers marathons autour de tartines d’avocats.

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